Les 2 visages du rédacteur Web
Par Aurelie Ponton, le 3 février 2009
L’explosion du Web a donné naissance à plusieurs métiers dans le secteur des communications et des technologies. Designer et ergonome Web, spécialiste en référencement, architecte de l’information, programmeur, rédacteur Web et j’en passe.
Avec l’apparition de ces professions, certains praticiens se sont adaptés et d’autres ont fait leur entrée.
Pour le volet de la rédaction Web, doit-on s’adresser à un professionnel qui est d’abord un expert du Web? Est-ce plutôt préférable de s’adresser à une spécialiste de la linguistique?
UN SPÉCIALISTE WEB?
Le rédacteur Web doit, comme son titre l’indique, connaître le fonctionnement d’Internet.
Non, un texte sur le Web ne se lit pas comme un texte imprimé. Les notions d’expérience utilisateur ne doivent pas échapper à un rédacteur Web averti.
Un rédacteur voulant rédiger du contenu destiné à l’Internet se doit d’avoir en poches certaines compétences incontournables :
- Il doit pouvoir être à même de lire efficacement une architecture de l’information et en comprendre le sens du point de vue d’un communicateur Web;
- Il doit pouvoir comprendre comment intégrer ses textes dans un gestionnaire de contenu;
- Il doit pouvoir accroître la densité des mots clés dans un texte donné afin d’aider à son référencement dans les moteurs de recherche;
- Il doit pouvoir comprendre la mécanique derrière les médias sociaux;
- Il doit comprendre les bases de l’ergonomie éditoriale d’un texte Web;
- Il doit, d’abord et avant tout, être capable de se mettre dans la peau d’un utilisateur et lui fournir du contenu en fonction du média pour lequel il rédige.
C’est à cette étape que souvent, un rédacteur traditionnel devra s’adapter… ou laisser place à un passionné du Web!
UN EXPERT DE LA LINGUISTIQUE?
Un rédacteur Web est, à la base, un rédacteur.
Or, il est impossible de porter le titre de rédacteur sans avoir une maîtrise adéquate de la langue dans laquelle on rédige.
Que sommes-nous en mesure d’attendre d’un rédacteur?
Notamment, un professionnel de l’écriture devra :
- Détenir un vocabulaire varié et de qualité;
- Avoir de solides notions de grammaire, d’orthographe et de syntaxe;
- Posséder de bonnes aptitudes afin de vulgariser;
- Avoir la capacité de rédiger avec différents tons ou styles rédactionnels;
- Être apte à écrire pour différents types de publics;
- Être capable de rédiger « avec rythme » et avoir le sens de la phrase-choc;
- Etc.
Certains de ces critères pourraient être approfondis ou discutés.
De plus, certaines aptitudes devront être mises de l’avant plus que d’autre, et ce, en fonction du style de rédaction exercé (publicitaire, administrative, technique, etc.). Il est toutefois indispensable d’avoir une bonne connaissance de la « mécanique linguistique » si l’on souhaite rendre un produit de qualité.
C’est à cette étape que souvent, un passionné de Web devra apprendre… ou laisser sa place à un rédacteur professionnel!
CONCLUSION
Finalement, qu’est-ce qu’un rédacteur Web? Est-ce davantage un pro du Web ou bien un expert de la langue? Un savant mélange des deux, évidemment. Écrire n’est pas nouveau.
La différence dans un contexte Web, c’est que le rédacteur devra parfois participer au processus de diffusion de l’information rédigée (intégration dans les CMS, optimisation pour les moteurs de recherche, etc.). Bien entendu, certains diront que la rédaction Web est dictée, d’abord et avant tout, par des standards technologiques.
Le talent d’un rédacteur Web se mesure, selon moi, dans sa capacité à faire oublier qu’il doit intégrer ces standards dans son processus de rédaction. C’est à cette étape qu’intervient la créativité.
Sujet : Communication, Contenu, Ergonomie et utilisabilité, Marketing Internet, Marketing viral, Moteurs de recherche, Référencement, Réseaux sociaux, Web 2.0 |
13 réponses à “Les 2 visages du rédacteur Web”
Commentaire
« Évolution du marketing | Accueil | Cherchez; c’est payant »
Le 3 février 2009 à 22 h 18 min
Je pense que le rédacteur web doit aussi être capable de faire des choix, d’en convaincre son client et de les assumer.
Souvent, on a 1001 choses à écrire, on nous demande de mettre de l’avant toutes les qualités de l’entreprise. Ce n’est pas possible. Le rédacteur web, avec ses connaissances en ergonomie et en marketing (et son intuition !) va choisir 2 ou 3 items forts à développer. L’équipe de création aura idéalement établi certaines balises au préalable…
Le web nous force à synthétiser. Un bon rédacteur doit savoir couper où il faut.
Le 3 février 2009 à 22 h 46 min
Étais-tu d’abord rédactrice ou alors une pro du Web lorsque tu as débuté?
Le 4 février 2009 à 5 h 52 min
Je rejoins Dorianne sur le fait qu’il faut être capable d’imposer sa compétence et son expertise. Beaucoup de clients n’ont pas compris qu’un texte purement dithyrambique ne sera pas lu et il faut donc repenser le contenu.
Aurélie, je pense qu’il manque deux points cruciaux à ta description du rédacteur web. Celui-ci, comme tout rédacteur, doit posséder une excellente culture générale enrichie éventuellement d’une connaissance parfaite d’un domaine précis. Il faut également être un veilleur aguerri pour suivre les nouvelles tendances, les nouveaux outils, les buzz qui marchent, etc.
Enfin, il faut souvent être aussi formé à la SEO.
Le 4 février 2009 à 7 h 54 min
D’accord avec Doriane — le défi n’est pas d’être bref, mais plutôt de convaincre le client, dans un monde où on a 200 #c#, pas 225, qu’il vaut mieux utiliser « Plus » que « Pour en savoir plus sur ce sujet, cliquez sur le lien ci-dessous». C’est là qu’est la grosse ouvrage! J’accueille avec plaisir vos arguments et conseils pour y parvenir.
Le 4 février 2009 à 11 h 08 min
Ni un ni l’autre. J’étais pâtissière.
Non, je blague !
Je travaillais en développement de logiciels comme chargée de projets. Le côté interface usager m’a toujours passionné.
Le 4 février 2009 à 11 h 12 min
Hahaha!:)
Bon alors, tu as appris par toi-même la rédaction? As-tu suivi des cours ou tu as simplement dévoré nos bons amis Bescherelle, Colpron, Gréviste, Larousse et Marie-Èva DeVilliers?;)
Le 4 février 2009 à 12 h 02 min
@Delphine
Je suis parfaitement d’accord avec toi pour ce qui est de la culture. Il m’est arrivé de devoir rédiger sur des sujets qui m’étaient, en début de mandat, inconnus et la tâche fut beaucoup plus difficile.
Il est évident que la rédaction s’exerce beaucoup mieux si le rédacteur lui-même peut s’appuyer sur une solide culture générale afin d’effectuer son travail.
Pour ce qui est du SEO, je suis d’accord mais qu’en partie. Il est élémentaire de détenir de bonnes bases sur la question, c’est vrai. La densité des mots clés en est un bon exemple. Par contre, il n’est pas élémentaire de maîtriser l’ensemble du domaine puisqu’il n’existe pas que le volet contenu dans le SEO. Toutefois, il est essentiel d’en tenir compte lors de la rédaction d’un texte pour le Web.
Le 4 février 2009 à 12 h 09 min
Excellente synthèse sur la question Aurélie. La dualité du rédacteur Web incarne bien le paradigme de l’ingénieur/artiste. Son savoir faire intervenant tant au niveau du contenu que du système de diffusion, le tout, au sein d’une logique de communication bidirectionnelle.
Cette rupture avec la conception du rédacteur traditionnel est majeure et peux en laisser plusieurs perplexes… Mais pour reprendre une formulation connue: “Toute résistance est futile.”
Le 4 février 2009 à 16 h 34 min
La méthode de rédaction la plus efficace pour moi est sur mon vélo (ou mes skis) ! C’est dans ces moments que surgissent les meilleurs concepts et idées.
Le 4 février 2009 à 23 h 44 min
Vous avez écrit «…dépendamment du style…»
Bien que certains vieux dictionnaires l’acceptent, le mot
« dépendamment » n’est pas français (http://www.radio-canada.ca/education/francaismicro/description.asp?ID=230&CAT=D&leid=569&lacat=d).
Cela prendre une bonne dose d’humilité aussi pour reconnaître que nul n’est infaillible :O)
Le 5 février 2009 à 20 h 18 min
Merci pour ton commentaire Andres!
Dis-moi, quel est ton point de vue quant au degrés de connaissances techniques que doit posséder un rédacteur pour ce qui est du SEO?
Le 5 février 2009 à 20 h 20 min
Oh en effet Vincent…
En effet nul n’est infaillible et je vais m’empresser de corriger cette erreur;)
Je te remercie d’avoir relevé cette petite faute!;)
Le 6 novembre 2009 à 4 h 09 min
Bonjour,
je “tombe” aujourd’hui seulement sur cet article intéressant, d’autant qu’hier, sur LinkedIn, je postais un sondage sur le thème “Un rédacteur Web, c’est quelqu’un qui…”
Poursuivons cette conversation et donnez votre avis: http://polls.linkedin.com/p/64650/aqufd
Je viendrai poster les résultats en commentaire.
Merci