La mort des blogues… selon Paul Boutin (Wired mag)
François La RochePaul Boutin a publiĂ© la semaine dernière dans Wired Magazine un article qui fait couler beaucoup d’encre… euh, rĂ©sonner beaucoup de claviers.
“Thinking about launching your own blog? Here’s some friendly advice: Don’t. And if you’ve already got one, pull the plug.”
- Paul Boutin, Wired
Hum… hormis le caractère extrĂ©miste de sa suggestion, le point mĂ©rite rĂ©flexion.
De fait, l’auteur suggère donc –probablement comme je suggĂ©rais en 2003 dans mon billet la mise Ă mort du courriel (belle plogue!), c’est-Ă -dire avec humour et sarcasme!– que l’on arrĂŞte de bloguer.
En substance, il affirme que l’espace blogue s’est fait envahir par les blogues qu’il dit « professionnels » qui publient en masse et prennent le top du top des blogues les plus lus. (En passant, quand on est abonnĂ© Ă un blogue « amateur » qui nous intĂ©resse, quelle diffĂ©rence cela fait-il qu’il soit 1er, 121e ou 839e sur la liste de Technorati?)
Boutin soulève Ă©galement –avec raison cette fois– que l’avènement d’autres voies de communication comme Twitter, Flickr ou Facebook Ă©largissent le choix des moyens pour celui et celle qui dĂ©sire s’exposer au monde. Très bon point. VoilĂ en effet des nouveautĂ©s qui ont succĂ©dĂ© au phĂ©nomène des blogues.
Alors donc, M. Boutin critique le fait que les blogues soient populaires et utilisĂ©s en masse. Hum… N’Ă©tait-ce pas ce que plusieurs souhaitaient Ă leur arrivĂ©e : que ceux-ci deviennent un canal de communication parfaitement ouvert, parfaitement libre et parfaitement dĂ©mocratique? N’est-ce pas toujours le cas, et par surcroĂ®t avec un succès certain?
Est-ce « tirer la plug », alors, sur la publication d’un blogue parce qu’on ne fait plus le haut du palmarès ne tient-il pas davantage de l’Ă©motivitĂ© que de la raison? Est-ce une idĂ©e juste que de penser que les quelques caractères d’une entrĂ©e sur Twitter ou le descriptif d’une image sur Flickr peut remplacer efficacement un billet bien Ă©crit sur un blogue pour passer un message ou vĂ©hiculer une opinion? Ne sont-ce pas lĂ plutĂ´t des moyens diffĂ©rents et mĂŞme potentiellement complĂ©mentaires?
Est-ce qu’on doit rĂ©ellement pousser les gens Ă mettre fin Ă cette pratique encore naissance de s’exprimer librement grâce Ă des technologies efficaces qui le permettent? Ne mentionner que « Culture en pĂ©ril » sert bien l’argument que la webosphère donne dorĂ©navant au citoyen un poids significatif Ă son droit de parole. Et on reconnaĂ®tra que les blogues ont Ă©tĂ© le moteur viral de cette cause lors de la rĂ©cente campagne fĂ©dĂ©rale.
N’est-ce pas plutĂ´t aux lecteurs qu’incombe la responsabilitĂ© de gĂ©rer les blogues qu’ils veulent bien lire? De s’abonner ou de se dĂ©sabonner des fils RSS de leur choix? Et de se responsabiliser Ă traiter ce qu’ils lisent avec circonspection et luciditĂ©? C’est peut-ĂŞtre vers eux qu’on devrait rediriger cette rĂ©flexion?
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Blogues, microblogues, sites web, mĂ©dia sociaux, services web de toutes sortes; ce sont lĂ autant de (nouveaux) moyens qui sont Ă notre disposition pour, d’une part, exprimer et faire valoir nos opinons et nos points de vue et, d’autre part, se nourrir l’esprit de ceux des autres. Ne sommes-nous pas plutĂ´t tout simplement en pleine phase d’adaptation oĂą chacun finira bien par trouver sa voie pour exprimer sa voix?
Z’en pensez?





29 octobre 2008 à 2:47 pm
Ce que z’en pense? Si on suit la logique de Paul Boutin, il aurait fallu au court du dernier siècle arrĂŞter d’imprimer des journaux, de diffuser des Ă©missions de radio, de faire de la tĂ©lĂ©, de…
Tiens, je vais adopter la mĂ©thode “Wired Magazine” : ce magazine-lĂ ne contient RIEN d’intelligent (bien sĂ»r, j’exagère, mais c’est justement ça la mĂ©thode “Wired Magazine”
).
29 octobre 2008 à 5:25 pm
On entends Ă peu près tout et n’importe quoi sur les blogs ces temps-ci. Cet article a fait l’unanimitĂ© pour la faiblesse des arguments.
En complément une vidéo de Seth Godin et Tom Peters assez convaincante: http://www.openforum.com/marketing/video_hearitfortheblog.html
3 novembre 2008 à 1:10 pm
Comme le dit si bien Steph Guerin dans l’un de ses articles de la semaine dernière:
“Quoi faire quand on est dans un secteur compĂ©titif et que les concurrents ont des moyens dĂ©mesurĂ©s? Abandonner? Certainement pas. Abandonner sans se battre un peu, c’est pour les peureux! Se spĂ©cialiser? Se spĂ©cialiser comme dans « on se spĂ©cialise et on devient les meilleurs dans telle ou telle niche »? Absolument.”
Est-ce qu’il y a maintenant trop de blogues? Peut-ĂŞtre. Trop de copies? Certainement! Est-ce que les blogues vont disparaĂ®tre? Je ne crois pas, mais comme dans n’importe quel domaine nous avons la possibilitiĂ© de se dĂ©marquer. Ces blogues qui se diffĂ©rencient ont souvent un petit quelque chose qui fait que l’on s’attache Ă eux. Nous n’allons pas sur ces blogues seulement pour avoir de l’information, mais pour avoir LEURS informations, car nous avons tisser un lien de confiance avec eux.
11 novembre 2008 à 12:44 pm
C’est comme si l’on disait qu’il y a trop d’auteurs, trop de livres, trop de styles, trop de couleurs, trop de nuances, trop de points de vue, trop de partage, trop de routes, trop de directions, trop de choix, trop de solutions, finalement : trop de tout…
La force d’un blog se trouve dans ceux qui le font vivre.
Une marque de fabrique ? Une tribu marketing ? Un talent ? Un point de vue particulier ? Un angle d’attaque ? Un taux de frĂ©quentation qui assure la lecture ce chaque participation ? Un apport de solutions pratiques ? Un partage d’expĂ©rience ?
Oui, bien sĂ»r, mais aussi le talent de l’auteur, la fluiditĂ© de son style, le plaisir que nous apporte sa lecture et la pertinence de ses propos.
Qu’est-ce que ce blog, ce message, ce post, nous apporte dans notre quotidien, professionnel ou personnel ? Que nous apprend-il sur nos semblables ? Ă€ quel besoin, Ă quelle problĂ©matique rĂ©pond-il ?
Certes, il faut faire du tri dans la jungle d’informations disponibles et il n’est pas toujours facile de s’y retrouver, mais n’avez-vous jamais dĂ©couvert de bonnes choses, par hasard, sans savoir comment vous Ă©tiez arrivĂ© lĂ ? Et ça ne s’applique pas que sur le Web… Pensez Ă ce dĂ©licieux restaurant…Ă ce magnifique paysage….Ă cette petite boutique sans allure oĂą vous n’auriez jamais mis les pieds si… et dans laquelle vous avez dĂ©couvert des trĂ©sors…
Tout dĂ©pend donc de ce que vous avez Ă dire, de ce que vous avez Ă partager et de la façon dont vous le faites. Ouvrez des blogs, partagez, discutez, Ă©changez et vous comprendrez de mieux en mieux les autres, leurs prĂ©occupations, leurs angoisses, leurs succès, vous partagerez les vĂ´tres pour que vos semblables apprennent de vous, eux aussi et qu’ils trouvent des rĂ©ponses Ă leurs questionnements.
Non, les blogs sont loin d’ĂŞtre “has been”. Pros ou persos, chacun de nous y cherche (et y trouve) des rĂ©ponses, de la façon dont il souhaite qu’elles lui soient livrĂ©es….
Et c’est un vĂ©ritable trĂ©sor pour nous, communicateurs, car grâce Ă leur lecture, nous intĂ©grons des modes de pensĂ©es, des modes de vie, des façons de communiquer, des langages, nous renforçons notre intuition, nous comprenons mieux les attentes de nos publics cibles et nous nous adaptons de mieux en mieux pour ĂŞtre de plus en plus efficaces…