Cuil : le test de la réalité
Etienne DenisCuil (prononcez “cool”) est le nouveau moteur de recherche qui se donne l’ambition de concurrencer Google. Rien de moins. Fondé pas d’anciens de Google, avec un index de 120 milliards de pages et une interface cool… La première impression est bonne.

Des idées que j’aimerais bien voir sur Google : l’exploration par catégorie, les résultats présentés en mosaïque plutôt qu’en liste, un minimum de protection pour ma vie privée. J’aime bien, aussi, le look.
Mais voici pourquoi ce site va se planter et disparaître des écrans radars.
Cuil sera un échec pour les mêmes raisons expliquant que Yahoo ait perdu face à Google.
A l’époque du début de la bataille entre Yahoo et Google, tout le monde ne jurait que par les portails. L’avenir était aux portails. En caricaturant un peu, le modèle d’affaire Yahoo ne consistait plus à vous aider dans vos recherches internet, mais à battre Météo Média sur les prévisions météo et RDS sur les nouvelles du sport, et ce à l’échelle de la planète. Alors que les gens voulaient simplement qu’on les aide dans leurs recherches sur internet…
La première fois que j’ai essayé Google, j’y ai accompli la tâche que j’avais : trouver les meilleurs sites web sur un sujet donné.
J’emploie volontairement le mot “tâche”. C’est un mot d’ergonome et de scénariste. Je m’adresse ici aux clients qui ne réalisent pas toujours que les ergonomes et scénaristes vont faire la différence entre entre une belle promotion et la recherche d’un nouvel emploi.
Dans le cas de Cuil, c’est un échec. Et il sera total. Les résultats ne sont tout simplement pas pertinents.

Je fais une recherche sur “train Canada“. Parmi les premiers résultats, il y a un site porno et un communiqué de presse sur l’industrie agricole, mais rien qui ne concerne VIA Rail ou une autre compagnie de trains au Canada.
“Travel Montréal” : des sites fermés et des link farms. Rien de pertinent sur les voyages à Montréal.Pourquoi j’y retournerais?
Les critiques d’Eric Baillargeon et de PC Magazine ne sont d’ailleurs pas plus tendres.
Des investisseurs ont brûlé des millions de dollars dans ce projet, mais ils les perdront malgré les espoirs fondés sur des anciens de Google, un index de 120 milliards de pages, une interface cool et… un bon communiqué de presse. Le test de la réalité sera impitoyable.





30 juillet 2008 à 9:15 am
… sans parler du nom qui risque davantage de faire rire (…) les 100 millions+ de francophones à travers le monde, plutôt que d’évoquer l’arrivée d’un réel concurrent d’un joueur dont le nom, lui, s’est déjà taillé une place dans le langage populaire à côté de frigidaire, jello et kleenex!
Tiens, je vais aller googler Cuil pour voir ce qu’on en dit dans la presse internationale.
30 juillet 2008 à 11:42 am
Cuil étant un moteur de recherche sémantique, ce sont les recherches effectuées qui ne sont pas pertinentes. Le réflexe “mots clés” est une manie de vieux routard du web. Mais quand on regarde les statistiques de recherche, on s’aperçoit que beaucoup de gens rédigent leurs questions sous forme de phrase.
1 août 2008 à 10:34 am
Beacoup de Cuil pour rien!
20 août 2008 à 10:03 am
Les compétiteurs de Google sont en effet très décevants. Cuil, Hakia, etc…probablement tous destinés à l’échec. C’est dommage car avec la présence omniprésente des réseaux sociaux et blogs, le timing serait bon pour lancer un compétiteur digne de ce nom.