Jacques Nantel à propos du marketing qui dérape
Michelle BlancCette semaine j’ai eu le plaisir d’entendre la conférence Le Marketing qui dérape (PDF) de Jacques Nantel Ph.D (HEC Montréal), lors du déjeuner-conférence Léger Marketing. Monsieur Nantel est l’un de mes plus précieux mentors est c’est un réel honneur que de pouvoir le côtoyer. Je l’ai d’abord eu comme professeur, puis comme partenaire (avec la Chaire de commerce électronique RBC Groupe Financier qu’il dirigeait), à l’époque de ma compagnie Adviso Conseil (que j’ai vendue depuis). Chacune de nos rencontres fut des plus instructives et enrichissantes. En plus de ses connaissances marketing et de son acuité mentale hors du commun, ce sont surtout son grand humanisme, sa gentillesse et son humilité qui m’impressionnaient. Il le prouva encore de belle manière lors de son allocution de cette semaine. Il y introduit le concept de « marketing responsable ».
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En devenant ainsi plus efficace, le marketing moderne, aura, en quelque sorte, sauvé la mise de bien des commerçants notamment au Canada là ou les marchés ne croissent plus de manière naturelle. Le fait de pousser les consommateurs à consommer toujours davantage n’est cependant pas sans conséquence. Il arrive un moment, et nous y arrivons, où le marketing, comme fonction commerciale, risque de déraper. Ce moment se produit lorsque l’on incite à ce point à la consommation à court terme hypothéquant ainsi la capacité de consommer à long terme risquant ainsi de tuer la poule aux œufs d’or. À moins de croire sérieusement que la tendance actuelle puisse se maintenir et que nous puissions concevoir un endettement des ménages qui atteigne 150%, 200% ou encore 300% de leurs revenus disponibles, il nous faudra admettre que nos pratiques commerciales actuelles atteignent leur limite.
Peut-être en sommes-nous rendus au point ou nous devrions revoir nos stratégies commerciales afin d’inciter à une consommation qui soit plus responsable, non plus uniquement sur le plan de l’éthique, de l’environnement ou de la santé mais aussi au chapitre de la simple capacité des ménages faire rouler l’économie.
Ce billet est déjà publié sur MichelleBlanc.com





6 mai 2008 à 1:39 pm
Quelques jours que ce billet est publié et c’est le silence complet, aussi bien sur le blogue de Michelle qu’ici. Ce silence de la part des spécialistes du marketing m’inquiètent. N’ont-ils à ce point aucune opinion ou avis sur l’avenir de leur industrie ou sur les aspects éthiques de leur pratique ? Sont-ils trop occupés à s’auto-féliciter dans des galas ou à compter les prix qu’ils ont reçus ?
Il y a parfois des silences qui en disent plus long que des discours.
Comment quelqu’un de réputé comme Jacques Nantel peut-il poser ces questions fondamentales pour l’avenir du marketing sans qu’il n’y ait de réaction de la part des principaux acteurs de cette industrie. Bizarre … et … louche.
6 mai 2008 à 3:03 pm
C’est vrai que ça ne semble pas susciter de gros débat. C’est dommage. Vraiment dommage…
Le marketing responsable ne sera sans doute pas pour demain!
9 mai 2008 à 10:15 am
Je trouve effectivement cette approche très intéressante. L’analyse proposée oriente le constat vers la réflexion de ce qu’est en train de devenir le marketing (en ligne ou pas) de nos jours.
Également les chiffres sur l’(sur)endettement des ménages québecois est alarmant. Pour l’instant tout roule, mais le jours où la machine, qui s’emballe déjà , va s’éffondrer d’un coup, cela risque de faire mal.
Je tiens à ajouter qu’en Espagne, le comportement des ménages étaient sensiblement le même. Très fort taux d’endettement, consommation poussive, et depuis peu de temps, l’économie faiblie et présente un risque de surchauffe…du déjà vu.
Le marketing responsable est, je pense, Ã la base de tout finalement.
Ps: le manque de commentaire viendrait peu être du fait qu’il faille s’inscrire…
11 mai 2008 à 10:27 pm
Quelques questions ont été soulevées lors de sa conférence.
Je crois qu’on est peut-être encore sous le choc ?
Le silence n’élimine pas le réflexion.