Le contenu n’est qu’un valet (ou comment faire de l’argent avec son blogue)

Etienne Denis
John Chow

Content is NOT a king! La dĂ©claration peut paraĂ®tre un peu provocatrice, surtout de la part du pdg d’une agence spĂ©cialisĂ©e en contenu internet, mais c’est ce qui rĂ©sume le mieux mon analyse de www.johnchow.com.

Avec 30,000$ de revenu par mois, John Chow a prouvĂ© qu’un blogue peut ĂŞtre très rentable. Son Title Metatag est d’ailleurs explicite : “I Make Money Online by Telling People How Much Money I Make Online - John Chow dot Com”.

Sa recette? Elle a Ă©tĂ© inventĂ©e bien avant les blogues, bien avant les AdSense et les programmes affiliĂ©s, bien avant le “Content is King” repris en boucle par les gourous depuis les dĂ©buts du web. Sa recette vient des premiers journaux qui ont commencĂ© Ă  vendre de la pub, et elle s’est raffinĂ©e tout au long du 20e siècle.

John Chow fait du mĂ©dia capitaliste dans ce qu’il y a de plus traditionnel. Voici son modèle d’affaires :

  1. Vendre des utilisateurs (lecteurs, auditeurs, etc.) Ă  des annonceurs (j’inclus ici les programmes affiliĂ©s et autres)
  2. Attirer spécifiquement les utilisateurs qui se vendront bien aux annonceurs
  3. Optimiser (attirer plus de lecteurs, mais surtout : mieux les vendre!)
  4. Reprendre le point #3

C’est le modèle classique des mĂ©dias. Le contenu n’y est pas roi. Le contenu n’y est qu’un valet. J’Ă©cris cela sans aucune connotation nĂ©gative. C’est le rĂ´le du contenu que d’ĂŞtre un valet. Dans le cas de www.johnchow.com : un valet au service des annonceurs.

johnchow.com accueil

Si le contenu Ă©tait vraiment roi, les sujets de La Presse de ce matin auraient Ă©tĂ© choisis en fonction de ce qui vous intĂ©resse vraiment comme lecteur de La Presse. (Or, ils ne le sont pas. C’est en fonction de la pub qu’on dĂ©cide s’il y aura un cahier sur l’immobilier plutĂ´t que sur les enfants.)

Le meilleur contenu du monde, s’il est seul, est aussi inutile qu’un roi sans armĂ©e ni royaume. Il ne fera pas vivre son blogueur. John Chow a eu 150 000 visiteurs uniques en janvier 2008, c’est beaucoup, mais pas si exceptionnel.

Si John Chow fait tant d’argent avec son blogue, c’est parce que ses lecteurs sont non seulement avides de dĂ©penser de l’argent (dans l’espoir d’en faire), mais qu’il sait comment transformer des visites en argent sonnant. Le rĂ©sultat :

10 cents par page vue!

Le nerf de la guerre est de générer des revenus par tous les moyens possibles : articles commandités, AdSense, Text Link ou une publicité traditionnelle, etc.

Voici comment l’espace y est utilisĂ©.

  • En rouge : espace payant
  • En bleu : espace d’auto promotion et de navigation
  • En jaune : espace de contenu

johnchow.com accueil

Pas beaucoup de jaune…

Quand l’internaute scrole pour voir le contenu, mĂŞme scĂ©nario : son Ă©cran n’est qu’une succession d’occasions de contribuer aux revenus de John Chow. Par exemple, le vrai menu de navigation se trouve en bas de la liste des “Featured Sites”.

johnchow.com page

C’est tellement bien fait qu’il est difficile de ne pas cliquer sur une pub!

Et le contenu? Il sert Ă  attirer les internautes visĂ©s par les annonceurs. C’est pourquoi les catĂ©gories du blogue de John Chow ne se limitent pas Ă  make money online et technology, mais aussi cars, fine dining et investing. Il nous dit comment faire de l’argent, mais il nous fait aussi rĂŞver sur la façon de dĂ©penser. Ça crĂ©e un certain Ă©tat d’esprit, disons. Avec des pubs sur les mots “restaurant”, “wine” et autres, bien sĂ»r.

Votre call to action : listez toutes les façons par lesquelles votre contenu se met au service de votre modèle d’affaires. Puis brainstormez pour trouver dix autres idĂ©es que vous n’avez jamais appliquĂ©es.

Une réponse à “Le contenu n’est qu’un valet (ou comment faire de l’argent avec son blogue)”

  1. Éric Léveillé commente :

    Excellent!

    Ce billet rejoint totalement un rĂ©cent sujet de discussion au Think Tank sur les rĂ©seau sociaux chapeautĂ© par le hec. Nous y parlions de la crĂ©dibilitĂ© du contenu sur l’Internet reliĂ© aux diffĂ©rents modèles d’affaires. Une des conclusions, c’est que le mĂ©lange des genres prĂ©vaut de plus en plus. Les blogues deviennent (tendance) des vĂ©hicules publicitaires, et jouent ainsi dans la cour des sites d’informations (quotidiens en ligne) qui de plus en plus adoptent ce modèle. Ces mouvements lancent aussi des questions. Qu’en est-il de la fidĂ©lisation? TournĂ©e vers le lecteurs, vers l’annonceur? Qu’en est-il du contrĂ´le de l’information? Le blogueur est-il devenu une marque? alors qu’initialement la valeur du contenu des blogues en gĂ©nĂ©ral se retrouvait dans l’expertise personnelle, l’indĂ©pendance de l’expression et l’opinion.

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