Pourquoi snober la soirée de reconnaissance de l’industrie qui nous fait vivre?
Guillaume BrunetJ’ai éprouvé un grand sentiment de fierté en assistant à la soirée de remise des prix Boomerang de jeudi dernier. Je me suis trouvé chanceux d’évoluer dans une industrie en si bonne santé et débordante d’autant de talent. Donc, après tout ça, lorsque je reviens au bureau et que je lis les commentaires de blogueurs qui évoluent en marge de cette industrie - et qui n’ont pour la plupart jamais travaillé sur des projets dignes d’être en nomination à quelque gala que ce soit -, ça me met en beau fusil.
Ça me met en fusil parce que j’étais un des membres du jury des prix Boomerang et s’il y a un disciple du retour sur l’investissement dans cette industrie, c’est bien moi. Où étaient-ils, ces blogueurs (probablement partis fumer une cigarette dehors) quand on a remis un grand prix au site DuProprio.com? Ce site, qui n’est pas en flash, génère pourtant des millions de dollars en revenus et révolutionne une industrie en entier par son modèle d’affaires en ligne. Vous en voulez des chiffres? Près de 350 000 visiteurs uniques et 5 200 maisons vendues entre le 15 juillet et le 15 août 2007 (en un seul mois !). Alors, ne me parlez surtout pas de référencement et de retour sur l’investissement.
Où étaient-ils (probablement allés se chercher un cocktail au bar) quand on a remis un grand prix à France 24? Ce site d’information trilingue, grandement axé Web 2.0, fait la fierté des artisans d’ici à travers le monde!
Où étaient-ils, ces blogueurs (probablement partis aux toilettes pour évacuer toutes les consommations gratuites qu’ils ont bues) quand on a remis des grands prix à CDS Casting et Sloche? Voilà deux concepts qui ont su innover en utilisant la technologie pour rejoindre des clientèles bien ciblées et faire vivre à ces clientèles une expérience de marque bien claire. Essayez donc de faire « triper » des artistes et des ados avec un de vos blogues, ou un site en HTML bien référencé.
Oui, dans certains cas le design et la démarche artistique ont peut-être prévalu sur les retombées d’affaires, mais est-ce qu’on devrait arrêter de faire des films d’auteur et produire uniquement des blockbusters pour autant? Des sites qui expérimentent, qui innovent et qui nous font avancer, il en faut. La santé de notre industrie en dépend. De toute façon, il faut aussi se demander si le site a touché la clientèle visée : à titre d’exemple, je suis certain que des sites comme ceux d’Elektra 2007 et Neon Bible d’Arcade Fire ont atteint cet objectif.
Terminons cette montée de lait en abordant le grand gagnant, Montréal en 12 lieux. C’est vrai que de prime abord, ce n’était pas mon premier choix pour le grand prix. Par contre, en y repensant, je dois dire que je suis très fier de m’être rallié au reste du jury et d’avoir fait de lui le grand gagnant. Oui, c’est un site qui sera difficile à référencer. Oui, on se demande bien comment ils réussiront à faire de l’argent avec ça (même si on posait la même question à ceux qui nous parlaient constamment de Second Life). Mais ce site est un extraordinaire complément de la série télévisée. L’objectif du site est de créer une expérience immersive pour découvrir Montréal - et ça fonctionne! Plus de 40,000 visiteurs se rendent sur ce site chaque mois; et ils y passent en moyenne plus de 4 minutes et demie. Demandez à nos sites de tourisme traditionnels d’en faire autant. Au lieu de critiquer, pourquoi ne pas voir là une occasion pour les sites bien référencés qui font la promotion du tourisme à Montréal de proposer ce site à leurs visiteurs comme un complément de haute qualité? Bravo à l’équipe de Toxa/Urbania qui s’est hissée au sommet des créateurs interactifs de 2007. Je travaille pour des magazines comme ElleQuébec et c’est la première fois que je vois un site capable de faire concurrence à - et même de supplanter! - l’expérience visuelle d’un magazine.
En bref, je suis fier des choix que le jury, mené de mains de maître par Martin Ouellette de Provokat, a mis de l’avant. Je suggère aux détracteurs de nous présenter leurs projets l’an prochain. Ils pourraient être bien surpris de voir s’effondrer leurs préjugés.





11 décembre 2007 à 4:59 pm
Ta montée de lait risque de barrater Guillaume ! Juste un petit point ici :
> Près de 350 000 visiteurs uniques et 5 200 maisons vendues chaque mois
Combien viennent de Google et combien viennent par les innombrables campagnes télé/magazines/radio/bannières ? À vue de nez : Moins de 3% par Google avec ses seules 268 pages d’indexées. Est-ce bien normal ? Pas dans mon livre !
Ah oui, j’oubliais un petit quelque chose, le facteur économique : Combien de dizaines de milliers de dollars ont été dépensés dans ces campagnes plutôt traditionelles ? Probablement plus que le coût du site lui-même! Est-ce bien normal ? Pas dans mon livre !
11 décembre 2007 à 5:29 pm
C’est peut-être ça le problème. Cette industrie est en marge d’elle-même. Il pleut des prix en communication interactive, mais qui fait donc cette communication et que font les gens qui comme tu le dis affectueusement « évoluent en marge de cette industrie - et qui n’ont pour la plupart jamais travaillé sur des projets dignes d’être en nomination à quelque gala que ce soit ». Se pourrait-il que plusieurs spécialités du Web ne soient pas représentées dans ce que l’on nomme pompeusement Communication Interactive? Où est la catégorie « meilleur référencement »? Ou est celle meilleur redesign d’un site? Meilleur rédaction ou encore ergonomie la plus performante?
Autre chose, est-ce que la communication interactive n’inclut que les gens de la pub? À ce que je sache, les CGI de ce monde, les centaines de boîtes Web, les dizaines de métiers spécialisés internet en font aussi parti. Pourquoi faut-il que ce soient les gens des agences qui doivent payer pour monter les dossiers et les présenter? On a beaucoup critiqué les prix du commerce électronique de Secor, mais au moins eux, ils sont assez grands pour trouver leurs récipiendaires tout seul, ils ne s’emplissent pas les poches indument avec cette cérémonie et ont l’honnêteté d’appeler ça les prix Secor. Soit dit en passant, je reconnais aussi l’aspect éminemment automarketing des prix Secor. Quand est-il pour une revue marketing bien en vue?
11 décembre 2007 à 6:37 pm
Je comprends votre frustation les gars, mais soyez hJe comprends votre frustration et je suis aussi d’accord que plusieurs de ces sites gagneraient beaucoup à faire affaires avec des spécialistes comme vous. Mais ce n’est pas en crachant dans la soupe que vous allez l’améliorer.
Soyez constructifs et reconnaissez aussi ce qui est bien fait, je ne crois pas que nous fassions que de la merde dans cette industrie et je suis très fier de plusieurs projets que j’ai eu la chance de défendre lors du jury.
Si il manque des catégories dans ce concours pour représenter l’ensemble de notre industrie, vous êtes assez connectés et bavards pour en faire part à l’équipe d’Infopresse qui rajoute à chaque année de catégories pour tenir compte de notre réalité en pleine mouvance.
Passez de joyeuses fêtes les amis !
11 décembre 2007 à 7:06 pm
Ouf. Je me dois de rectifier le tir ici, y’a quelques erreurs et sottises qui ont été dîtes au sujet de DuProprio.com :
Guillaume :
Les 5230 propriétés vendues, c’est pour la période du 15 juillet 2006 au 15 juillet 2007 et non mensuellement. Au rythme de 5200 maisons vendues mensuellement, nous aurions près de 6 fois plus de maisons vendues que toute la chambre immobilière de Québec. Peut-être un jour, mais il nous reste encore quelques croûtes à manger
Pour ce qui est du reste, excellent article! Tu résumes assez bien ce que je me tue à crier dans la “blogosphère’ depuis vendredi …
Éric :
Selon Google Analytics, le mois dernier, 45.42% de nos visites venaient de Google et 34,57% n’avaient aucun referrer (url tapée directement dans le browser). Le reste de la tarte est majoritairement partagée entre Yahoo, MSN et Waka.ca.
Lorsque tu parles de nos “innombrables campagnes télé/magazines/radio/bannières”, j’aimerais bien que tu me dises ou et quand tu nous a vu à la télévision, à la radio, sur une bannière en ligne ou dans un magazine. Peut-être qu’une entreprise a eu la gentillesse de nous ofrir une campagne et que j’en ait pas été informé. Fais-moi signe s’il te plaît, je leur enverrai une carte de Noël pour les remercier
En tant que “spécialiste en rayonnement web depuis 12 ans qui optimise la communication de ses clients pour un meilleur rayonnement web. SEO, SEM, perénnité de leurs informations, métriques Web (Google Analytics), blog marketing, fils RSS, réseaux sociaux, veille de vos marques, etc.”, tu devrais savoir que l’on ne va pas affirmer n’importe quoi et analyser un site “à vue de nez”.
Une bonne partie de notre marketing repose sur le SEO et l’échange de liens stratégiques. Je t’invite à rechercher les termes suivants sur Google.ca : “à vendre”, “maison à vendre”, “condo”, “terrain”, etc.
268 pages indexées? Bon, je t’accorde pour ce point que ce n’était pas évident puisque tu as tapé “site:www.duproprio.com” sur Google. Je t’invites à effectuer le même test, mais avec “site:duproprio.com”.
Mais bon, allez, c’est sans racunes, je sais très bien que n’as pas passé plus que 10 secondes sur notre cas
11 décembre 2007 à 8:42 pm
@ Sebastien
Effectivement j’ai passé que quelques secondes sur votre cas et fait une erreur de débutant en mettant le www ce qui exclue tous les sous-domaine de chaque province. Mea Culpa.
Pour ce qui est des campagnes télé, j’ai rêvé ou quoi ? Sur Radio-Canada je suis presque certain d’avoir vu des publicité de Duproprio et dans un magazine Coup de pouce aussi.
Je doute par contre encore un peu du 45.42% de référents Google! Dans mon livre à moi (;-) un telle statistique exclurait évidemment les recherche sur “Duproprio” car il impliquerait automatiquement une reconnaissance de la marque et non d’une recherche sur un produit ou service ?
Par contre, je dois m’excuser encore, après avoir passer quelques minutes de plus en recherche, je doit effectivement dire que vous avez fait du très bon boulot, particulièrement en regardant le DuProgrammeur.com, c’est assez rare de voir cela ici, surtout à ceux qui présente des sites aux Boomerang
11 décembre 2007 à 9:20 pm
To flash or not to flash, that’s NOT the question.
La question, du point de vue de l’internaute, est : est-ce que dans ce site je trouve ce que je suis venu chercher (en prenant pour acquis que le “je” fait partie des internautes visés)? Est-ce que c’est facile et agréable?
La question, du point de vue de celui qui ramasse la facture, est : est-ce que le projet atteint ses objectifs? Est-ce que le projet a été efficient en termes de ressources et délais? Est-ce qu’on aurait pu faire mieux en travaillant autrement?
Infopresse fait un concours. Sauf erreur, Infopresse est une compagnie à but lucratif (non, ils ne sont pas là pour nos beaux yeux) et ils sont bien libres de choisir les critères qu’ils veulent pour leur concours. Les Boomerang ne sont pas des prix récompensant les meilleurs ROI. C’est leur choix.
On peut d’ailleurs se demander si viser le ROI ferait vraiment un concours intéressant? Si je regarde ce qu’on fait dans notre agence, les meilleurs ROI viennent de projets qui sont, avouons-le, moches. Hyper rentables pour le client, genre 1$ de coût rapporte 500+$ de ventes, mais moches quand même.
11 décembre 2007 à 11:14 pm
@ Eric :
Nous avons, il y a deux ans environ, eu un 5 secondes à RDI pendant 2 semaines. Vraiment pas concluant comme expérience.
Tu dois nous confondre avec Proprio Direct qui sont des agents immobiliers et qui sont plus connus que nous dans la région de Montréal … ils sont hyper présents à la tv. Sinon, si tu as vu DuProprio à la télé ou dans les journaux, c’est qu’on parle tout simplement beaucoup de nous … Disons que notre modèle d’affaires dérange quelques personnes ici et lÃ
11 décembre 2007 à 11:59 pm
Je trouve simplement que ces sites éloignes les limites en marketing, en pub, en communication. Et oui, les limites ne sont pas toujours rentables à courts termes. Sloche était un risque, payant pour le client. Elektra? On a tous vendus les billets. Désolés chers détracteurs, même à ses limites, le Web peut aussi être rentable.
12 décembre 2007 à 4:08 pm
La dérive que l’on peut redouter dans toute cette polémique: c’est de trop vouloir résumer la créativité d’une campagne ou d’un site internet qu’en considérant que ses qualités visuelles (éloquemment mises en valeur par la technologie Flash). La créativité interactive ratisse plus large et ses supports peuvent être également le contexte (pousser une pub du Bravia Phone quand des gens googlent le mot-clé iPhone), le texte et le son.
Garde fous à préconiser :
1- S’assurer d’accorder l’importance due aux critères non-visuels lors de l’appréciation des pièces retenues : notamment la référençabilité d’un site ou sa performance sur les moteurs de recherche (le site Duproprio.com, témoigne d’un excellent travail à cet égard) et bien sur la performance même du message (le nombre de visites mais aussi et avant tout le nombre de conversions générées).
2- Reconnaître la créativité investie dans des pièces essentiellement non visuelles; formats sonores (e.g : podcasts) ou textuels (e.g : liens sponsorisés).
Andrés Restrepo