Conférences Infopresse, annonceurs Web et développement de nos talents d’ici ici

Guillaume Brunet

Mercredi dernier, à la très belle fête des 5 ans de K3 Média (mes félicitations les gars, cinq ans de Web c’est du stock !), une discussion très intéressante s’est articulée autour des récentes conférences Internet d’Infopresse et de la formation dans notre domaine en général à Montréal.

Le sympathique et surtout patient Patrick Bellerose, journaliste chez Infopresse, a animé une conversation enlevante avec les amis Michel et Martin ainsi que moi-même. Comment expliquer que le plus grand organisateur de conférences à Montréal n’arrive plus à faire l’unanimité quant à la qualité des contenus ? En effet, si il y a quelques années Infopresse était la référence pour parfaire ses connaissances, leurs plus récentes conférence traitant du Web ont été critiquées au sein des organisations, dans la communauté et certains blogueurs ont osé dire tout haut ce que d’autres disaient tout bas (Étienne, Michel, Michael…).

Deux pistes d’explication intéressantes ont été relevées durant cette discussion, tout d’abord une solution simple serait de mieux gérer les attentes en expliquant clairement à quel auditoire s’adresse la conférence. Évidement en ciblant ainsi on peut restreindre les inscriptions, mais certainement accroître la satisfaction des participants.

L’autre élément, et ce n’est pas la première fois que j’ai cette sensation en discutant avec des gens d’Infopresse, c’est la sous-estimation des compétences et connaissances des annonceurs. Pourtant depuis quelques années, je perçois une transformation sur le marché du travail où les agences ont de plus en plus de difficulté à garder leurs talents et où les annonceurs recrutent à fort prix des stratèges de talents pour « caller les shots » aux agences. Avec Nicholas Malo de Vidéotron, j’ai mis sur pied le comité annonceurs du Conseil québécois d’IAB Canada, et je peux vous dire que les gens de ce groupe sont équipés pour dicter les stratégies Internet de grandes compagnies et pour challenger n’importe quelles agences et éditeurs, en voici certains :

  • Louis Delage de Loto-Québec
  • Éric Lauzon d’Air Canada
  • Mohamed Kahlain de Desjardins
  • David Joly d’Air Transat
  • Patrick Valentin et Olivier Sefler de Cogeco
  • Philippe Roberge de Vidéotron
  • Valérie De Saint-Jean de Bell
  • Mes ex-collègues et amis Francis Carle et Imen Zitouni de TD Meloche Monnex

Ces gestionnaires le disent, il y a un cruel manque de formations de qualité et ils se doivent d’aller à l’extérieur pour obtenir des formations de qualité. D’ailleurs, je salive encore quand Louis me raconte le contenu de la conférence de Forrester à laquelle il a assisté à Chicago. Il doit être difficile de ressortir désappointé d’une telle conférence.

Je suis d’accord que les conférences d’ici sont moins dispendieuses, mais pour un gestionnaire n’est-il pas plus coûteux d’envoyer trois ressources à une conférence plutôt vide à 250$ que de payer 3,000$ pour envoyer un stratège à Boston à une conférence riche et qui pourra par la suite organiser une formation à l’interne.

Bref, il y a, selon moi, une belle opportunité sur le marché. Qui la saisira ? Toronto, Boston, NY ou nos gens d’ici ?

NB : Ici j’ai traitai d’Infopresse, mais forcé de constater que deux organisations auxquelles je participe activement IAB Canada et l’AMM-PCM, ainsi que Webcom se doivent tous d’hausser le niveau et la qualité de leurs contenus Internet pour participer au développement de nos talents d’ici ici.

4 réponses à “Conférences Infopresse, annonceurs Web et développement de nos talents d’ici ici”

  1. Louis Delage commente :

    Je pense que plusieurs travaillent à hausser ces standards. Il faut le souligner. Ce que je trouverais intéressant, c’est de pouvoir avoir un événement qui attirerait non seulement les gens d’ici mais également d’ailleurs en Amérique du Nord. Lorsque j’ai participé au dernire Forum des consommateurs de Forrester, il y avait des participants de partout sur le continent (Ok, plusieurs sont des clients de Forrester). La barre est peut-être haute (enfin, il faut se donner des défis dans la vie), mais je ne peux pas croire qu’avec toutes les compétences que nous avons à Montréal, nous n’avons paas la base, d’un événement d’une telle envergure.

  2. Pascal Hebert commente :

    Excellent sujet Guillaume. Pour ma part, le plus gros problème, et tu le mentionne très bien, c’est la définition des auditoires. C’est trop large et le contenu devient souvent non pertinent. J’ai personnellement annulé les 2 dernières journées Infopresse résultant d’une insatisfaction quand à la qualité des présentations. Lors de l’inscription, j’avais le pressentiment que le contenu m’était destiné, ce qui n’était pas le cas.

    Le 2ième aspect important est le choix des interlocuteurs. Être un expert ne signifie pas être un bon communicateur. J’ai récemment vu des cas assez grave de présentations dont le contenu aurait pu être intéressant mais, malheureusement très mal livré.

    Je suis persuadé que nous avons le talent et l’expertise pour offrir des présentations de grandes qualités à Montréal. Nous avons d’ailleurs certains de nos experts qui se déplacent régulièrement à l’extérieur de la province. Il faut aussi aller voir du côté média, client, et non seulement agence.

  3. martinlessard commente :

    Très bien dit! Il faut avoir le courage de brasser la cage.

    Les annonceurs, aussi , ont un taux de roulement. Et les gens qu’ils engagent sont définitivement plus intéressé et intéressant qu’avant.

    Ce que l’on voit c’est la fin des monopoles du savoir: la plupart des contenus des conférences dont tu parles Guillaume ont déjà été traités dans des blogues. Or pour se mettre à jour, c’est la seule façon : lire des blogues. Il faut maintenant que les conférences d’ici cessent de reproduire les vielles recettes.

  4. mohamed Kahlain commente :

    Malheureusement, je ne suis pas un habitué des journées Infopresse donc je me permets de faire un commentaire plus général.

    Selon moi, la plupart des activités ont pour objectif principal de convertir ces annonceurs qui ne comprennent pas le Web. On se fait souvent expliquer des notions de base alors que la plupart des annonceurs utilisent Internet comme un canal de distribution depuis plus de 10 ans déjà.

    Les annonceurs ont donc souvent été perçus comme des « show stopper », qui ne comprennent pas le Web et qui n’investissent pas assez, alors que la réalité est toute différente. Les annonceurs sont la source de revenus de plusieurs sites Internet et travaillent à convertir l’internaute en acheteur et non pas juste en un visiteur.

    À lui seul cet aspect explique l’approche un peu différente des annonceurs face à l’utilisation du web. Selon moi cette différence qui s’interprète aux yeux de plusieurs intervenants comme une ignorance du Web et des fois une ignorance de la réalité de la plupart des annonceurs.

    L’univers des annonceurs ce n’est pas que la publicité et le web 2.0, c’est aussi la sécurité, l’ergonomie des interfaces, l’accessibilité, la diminution des coûts de mise en ligne, la qualité du français, le Web analytique, le ROI, les ventes, le service après-vente, la convergence des canaux de distribution, les sondages en ligne, ……etc.

    Un casse-tête qui doit toujours concilier plusieurs aspects et où il faut faire des choix d’affaires.

    Osons donc à élever le standard, osons à inviter des O’reilly et autres penseurs du Web, en plus de l’innovation, parlons de rentabilité du web, osons à partager et promouvoir les stratégies rentables et efficaces…etc.

    Je pense aussi que Montréal dispose des plusieurs ressources pour être une plaque tournante mondiale, surtout qu’elle peut facilement concilier le marché anglophone et francophone.

    Osons !

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