Ça bouge du côté de nos médias en ligne
Louis DelageAvez-vous remarqué l’évolution des médias québécois en ligne au cours des six derniers mois? Quelques exemples : Québécor a investi les médias collaboratifs en créant de nombreux blogues, en important le concept des Mojos (journalistes mobiles) et en lançant Espace Canoë; la Cyberpresse s’est associée au site des Têtes à claques pour accroître son achalandage; Les Affaires a relancé son site en mettant l’accent sur la vidéo avec son canal lesaffaires.tv ; et RDS a créé une zone vidéo pour les amateurs de sports. Mais, je crois que le plus intéressant est à venir !
La croissance des revenus (lire surtout, le potentiel de revenus) provenant du Web n’est sûrement pas étrangère à cela. La BBC annonçait mercredi dernier que les revenus publicitaires du Web dépassaient maintenant ceux de la presse imprimée au Royaume-Uni (Web Ad Spend Overtakes Newspapers).
Mais nous n’avons encore rien vu. La transformation qui s’en vient va faire évoluer radicalement notre façon de faire de la communication et des relations de presse au cours des prochaines années. En effet, la frontière entre les médias traditionnels perd sa signification sur le Web. La Cyberpresse ressemble de plus en plus au site de Radio-Canada. Et celle-ci devient de plus en plus semblable à son concurrent. C’est la technologie qui permet cela. À titre d’exemple, un dirigeant d’une grande société de média imprimé confiait à un groupe que l’une des meilleures décisions qu’il avait prises, avait été de décider de ne pas poursuivre une démarche pour obtenir une licence de télédiffusion. Aujourd’hui, son site propose un canal vidéo à une fraction du coût qu’aurait nécessité la télévision traditionnelle et sans les contraintes imposées par la réglementation du CRTC.
D’autre part, la pratique journalistique s’adaptera à la réalité du Web. Les Mojos (journalistes mobiles) d’Espace Canoë sont les précurseurs de nouvelles façons de faire de cette industrie.
Le New-York Times est probablement l’un des innovateurs les plus dynamiques parmi les médias Web. Outre le fait, que son éditeur ait annoncé qu’il visait d’ici 2012 en faire une publication uniquement électronique, ce grand journal montre déjà l’exemple sur de nombreux aspects, dont la possibilité pour les lecteurs de donner une cote de popularité à chaque article lu dans des sites collaboratifs comme DIGG ou NEWSVINE et d’accéder à une section vidéo contenant 19 canaux. Honnêtement, seulement qu’avec le New-York Times j’ai quasiment plus de choix que par mon câblodistributeur (avec le service de base).
Une vision encore plus audacieuse
Information Architects, une société de design Web basée à Tokyo, propose une vision plus radicale de l’avenir des médias sur le Web. Dans un pamphlet d’une trentaine de pages, The Future of News (pdf), les dirigeants de cette société présentent une vision collaborative de cette industrie. Pour en savoir plus, je vous invite à lire les deux billets suivants :
- Washington Post Redesign as a Wiki
- The Future of News: How to Survive the New Media Shift
- 10 Newspaper Myths Deconstructed
En fin de compte, peut-être qu’un jour nos grands médiasd’ici intégreront dans leurs sites des wikis permettant aux lecteurs de participer à la publication de nouvelles. Mais, avant d’en arriver là il reste beaucoup à faire et de nombreux préjugés à abattre.





4 avril 2007 à 1:36 am
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