Rédiger pour être référencé… et lu.

François La Roche

Le Web change donc bien des choses!

Non seulement on doit savoir bien rédiger pour des lecteurs en chair et en os, voilà qu’il faut aussi apprendre à rédiger pour des machines! De quoi est-il question? De référencement et de positionnement dans les moteurs de recherche!


Je ne suis pas un expert du référencement. Or, le référencement fait les manchettes. Alors pour y être un peu plus connaissant, j’ai suivi une formation la semaine passée. Il en ressort ce constat : la vie du décideur marketing devient encore un peu plus complexe. Non seulement il doit intégrer de nouvelles notions, mais il a aussi une nouvelle catégorie de ressources à gérer : l’expert en référencement!

Communiquer pour des humains
Déjà la rédaction dans le domaine des communications-maketing est un art exigeant. Bien connaître son ou ses auditoires, définir son message, choisir son rédacteur, savoir bien le briefer, savoir le diriger, intégrer la rédaction à la création graphique, etc. Bref, cet univers est complexe.

Ce n’est pas tout le monde qui maîtrise cet art. Et pour le décideur marketing, c’est une source de risque justement parce que c’est un art : rien de moins sûr que la qualité d’une création, et encore davantage concernant sa réceptivité sur le marché!

Communiquer avec des moteurs de recherche
Voilà que le monde du web nous instruit maintenant sur le fonctionnement des engins de recherche et leur importance dans une stratégie de communication. Soit. On doit s’adapter.

Les règles de l’indexation des pages web, la formule Google!, les page rank, les stratégies de liens croisés, la structure des sites, l’optimisation des pages et du code programmatique, etc. Bref, les technicités qui constituent ce domaine en font un véritable métier.

Naît ainsi l’expert en référencement.

Y a-t-il problème ?
Et oui, il y a un problème! Le style, le edge, l’unicité, la création. Là est le problème. Je sens déjà le débat lever comme l’arrivée des normes W3C en ont soulevé un avec les designers Web et les ergonomes –il sévit encore d’ailleurs sur plusieurs forums.

Prenez pour exemple le titrage des contenus. D’un côté on voudra un titre accrocheur, un titre qui fait réagir l’esprit, qui évoque des images. De l’autre on voudra un titre descriptif, collé aux mots clés qu’on veut faire indexer. Quel titre plus créatif aurait pu vous attirer (ou d’autres) à lire ce billet ?

Autre exemple : la structure d’un texte. Les moteurs de recherche préfèreront gober les mots clés dans un ordre prescrit : dans le titre, puis au début du texte, puis saupoudré un peu partout dans les paragraphes qui suivent et enfin, en reprise à la fin. Ils auront même une préférence pour les mots clés costumés : en caractères gras, italiques, soulignés ou en attachés à un hyperlien.

Le rédacteur qui rédige pour les humains, lui, voudra peut-être écrire sur un sujet sans même le nommer, sorte de stratégie teaser. Il voudra peut-être vouloir monter une histoire dans crescendo bien appuyé. Il préfèrera peut-être aussi utiliser tous les synonymes possibles pour un sujet précis plutôt que de répéter un même mot plusieurs fois dans son texte. N’avons-nous pas appris à rédiger de cette façon ?

L’enjeu
On pourra imaginer d’autres cas ou mieux illustrer ces exemples. L’enjeu, lui, est clair : à quel point les règles de l’art du référencement contraignent-ils la création du rédacteur? Quelles positions prendra le décideur marketing? Quels compromis acceptera-t-il?

Mieux communiquer
Certainement, les métiers devront se parler et s’apprivoiser, mieux connaître et comprendre le quoi et le pourquoi de leurs règles respectives. Et travailler ensemble pour trouver et convenir des compromis.

Beau défi à l’horizon. En fait, l’horizon, c’est maintenant qu’on y arrive!

9 réponses à “Rédiger pour être référencé… et lu.”

  1. Blogue Vectis » Blog Archive » Référencer le mot clé “rédaction pour le Web” commente :

    […] Prenez le temps d’aller lire mon billet sur ce sujet sur le site de l’AMM. Qu’en pensez-vous ? […]

  2. Philippe Martin commente :

    Après le SEO, le SEM , dernier en date dans la liste le SMO !!!
    http://rohitbhargava.typepad.com/weblog/5_rules_of/index.html

  3. Eric Baillargeon commente :

    > Prenez pour exemple le titrage des contenus. D’un côté on voudra un titre accrocheur, un titre qui fait réagir l’esprit, qui évoque des images. De l’autre on voudra un titre descriptif, collé aux mots clés qu’on veut faire indexer. Quel titre plus créatif aurait pu vous attirer (ou d’autres) à lire ce billet ?

    Une de mes solutions si le rédacteur tient mordicus à son titre :

    Titre dans un image Gif : Rédiger pour être référencé… et lu.
    Sous-titre en format texte : Marketing et la rédaction Web

    Le moteur ne verra pas votre titre “Rédiger….” et accordera autant d’importance au sous-titre que si il aurait été un titre.
    *Le verbe infinitif “Rédiger” n’est pas mauvais comme tel, mais le reste de ce titre ont moins de valeur au niveau des mots-clés utilisés en recherche.

    Ainsi le rédacteur est content, le spécialiste en référencement est aux anges et le banquier sourira bientôt ;-)

    >Le rédacteur qui rédige pour les humains, lui, voudra peut-être écrire sur un sujet sans même le nommer, sorte de stratégie teaser. Il voudra peut-être vouloir monter une histoire dans crescendo bien appuyé. Il préfèrera peut-être aussi utiliser tous les synonymes possibles pour un sujet précis plutôt que de répéter un même mot plusieurs fois dans son texte. N’avons-nous pas appris à rédiger de cette façon ?

    - Oui, en optimisation Web, il faut répéter légèrement, mais les synonymes sont aussi valables et ce spécialement dans la langue de Shakespeare.

    - Par contre pour le Web, - et non pas seulement pour le référencement-, “monter une histoire dans crescendo bien appuyé” n’est vraiment pas le médium pour ce style d’écriture. On n’est pas sur papier ici, on est sur un écran qui au mieux comporte l’équivalent de 50 lignes, donc des paragraphes court et sans trop de fioritures. La majorité des lecteurs décrocheront après 500 à 600 mots.

    > L’enjeu
    On pourra imaginer d’autres cas ou mieux illustrer ces exemples. L’enjeu, lui, est clair : à quel point les règles de l’art du référencement contraignent-ils la création du rédacteur? Quelles positions prendra le décideur marketing? Quels compromis acceptera-t-il?

    Je ne sais pas qui vous a donné cette formation, mais une personne spécialisé en rayonnement Web s’aura normalement contenter les ; rédacteurs, DA et graphiste, programmeur, intégrateur et surtout le comptable. Évidemment il faut adapter son message au Web et non pas copier-coller les textes qui existaient sur support papier directement et bêtement sur une page Web.

    Rien n’empêche de satisfaire tout le monde, c’est légèremnt plus de travail, mais cela rapporte énormément plus que le travail supplémentaire exigé.

  4. Michel Leblanc commente :

    La technologie affecte le processus de création rédactionnelle. Au début du siècle, la forme pyramidale inversée, de l’écriture journalistique était en fait une adaptation à la nouvelle technologie du télégraphe. Un siècle plus tard, les journaux adaptent leur contenu pour plaire aux engins de recherche. C’est l’évolution technologique qui dicte les comportements rédactionnels et pas le contraire. Il n’y aura pas de compromis. S’adapter ou rester dans l’oublie. Voilà tout…

  5. Les Nains des Jardins » Blog Archive » La Technique derrière l’écriture Web commente :

    […] Le blogueur du site Cortexte rapporte sur son site : Un billet de François La Roche, Rédiger pour être référencé… et lu, remet en question mon insouciance quant à l’emplacement des mots clés dans mon texte. Ce disciple de l’Association Marketing de Montréal m’apprend que Google butine nos pages de façon complexe… […]

  6. LeRoy K May commente :

    En fait, on peut atteindre certains compromis avec le rédacteur. l’exemple de l’image gif et du sous-titre en est un très bon. Le référencement organique, c’est très bien, mais ça dépend vraiment à qui on veut s’adresser.

    J’ai lu certains blogs qui font un travail d’optimisation de mots clés pourris : leurs titres ne veulent rien dire et ne contiennent aucun mot clé, le texte s’étend en longueur et doesn’t get to the point: mais ces blogs sont lus par… les amis de l’auteur, et c’est correct comme ça.

    La course au sommet de Google est un peu risible AMHA. Si vous avez vos utilisateurs en tête (utilisabilité) lorsque vous rédigez, vous écrirez pour les moteurs de recherche puisque vous utiliserez les mots clés que vos utilisateurs tapent dans les moteurs… L’œuf et la poule… :)

  7. François La Roche commente :

    Et oui, tout est une question d’objectifs poursuivis!
    Merci pour vos commentaires pertinents.

  8. Blogue marketing interactif de l’Association marketing de Montréal et du Publicité Club de Montréal » Blog Archive » Le meilleur de ce blogue commente :

    […] « Rédiger pour être référencé… et lu. » par François La Roche; […]

  9. Blogue marketing interactif de l’AMM-PCM » Blog Archive » Un an et toutes ses dents commente :

    […] Rédiger pour être référencé… et lu. […]

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