Generic content for generic users! (Première partie)

Etienne Denis

Bien sĂ»r, ce titre est une boutade. Personne ne produit volontairement un contenu Internet gĂ©nĂ©rique pour des internautes gĂ©nĂ©riques. Nombreux sont ceux qui le font sans s’en rendre compte.

Qu’est-ce que je veux dire par internautes gĂ©nĂ©riques? (Et comment Ă©viter de vous adresser Ă  eux dans vos communications Internet ?)

Prenons l’exemple du blogue que vous lisez actuellement. En thĂ©orie, il s’adresse aux membres de l’AMM (Association de marketing de MontrĂ©al), donc Ă  des internautes qui sont :
· directeurs - 42% des membres
· vice-présidents - 18%
· présidents - 8%
· travailleurs autonomes - 8%
· autres – 24%

Le membre que vous ne verrez pas jouer à la pétanque

L’AMM organise une partie de pĂ©tanque le 14 juin, mais aucun des joueurs ne sera directeur Ă  42% et prĂ©sident Ă  8%. C’est comme une mère d’un enfant et demi : ça n’existe pas. Ça n’a pas de vrai nom et encore moins d’adresse de courriel. C’est une invention statistique, une vue de l’esprit.

Votre site web s’adresse-t-il Ă  une vue de l’esprit ?

Si votre vue de l’esprit est un persona, c’est dĂ©jĂ  un bon dĂ©but. (RĂ©sumĂ© du concept : un persona est un internaute-type, mais puisque nous, les consultants, aimons les mots compliquĂ©s, nous appelons ça un “persona”.) Le hic, c’est que le persona n’est pas, par dĂ©finition, une vraie personne. Ce qui ouvre la porte Ă  quelques petits problèmes.

Tous ces personas qui n’existent pas…

Prenons un exemple dont j’ai Ă©tĂ© tĂ©moin. Lors d’un mandat d’audit, une agence internationale avait conçu diffĂ©rents personas pour simuler le comportement de vrais internautes et ainsi tester les fonctionnalitĂ©s d’un site web. Le persona qui a questionnĂ© le système automatisĂ© d’aide en ligne n’a pas rĂ©ussi Ă  obtenir de rĂ©ponse satisfaisante. Conclusion des auditeurs : le système automatisĂ© d’aide en ligne est inappropriĂ©.

Si vous avez accrochĂ© sur le mot «simuler» dans le paragraphe prĂ©cĂ©dent, vous avez compris. Personne parmi le demi-million de VRAIS internautes qui a utilisĂ© ce système n’a posĂ© les questions testĂ©es !

Le persona n’Ă©tait pas une vraie personne. C’Ă©tait, en exagĂ©rant Ă  peine, un Texan banlieusard upper-middle class de 47 ans passionnĂ© de golf qui essayait de s’imaginer les questions posĂ©es par une New-Yorkaise nĂ©o-punk-trash de 14 ans quand elle magasine de la musique.

D’ailleurs, n’importe quelle New-Yorkaise nĂ©o-punk-trash de 14 ans vous aurait dit qu’elle ne pose pas de question en magasinant sa musique. Elle la tĂ©lĂ©charge directement en espĂ©rant que le fichier soit correct. Vous voyez la diffĂ©rence ?

Votre call to action : rĂ©pondez Ă  la question «à qui s’adresse mon site web ?». J’entends par lĂ  : quel est son nom ? son courriel ? Et surtout : quand ai-je rencontrĂ© cette personne pour discuter de ses besoins ? Votre rĂ©ponse doit ĂŞtre aussi concrète que 1. Sylvie Tremblay, 2. stremblay@hotmail.com, 3. nous avons dĂ®nĂ© ensemble la semaine dernière.

L’article que vous venez de lire s’adressait Ă  des internautes bien rĂ©els. Trois en fait si on les Ă©numère ! Dans ma chronique de demain, je donnerai leurs noms et j’expliquerai le bĂ©nĂ©fice que vous pourriez tirer d’une telle approche.

Ă€ demain !

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