Quel est l’état du marketing d’affiliation au Québec?

Par Gabriel Goldenberg, le 17 août 2009

Ma collègue Julie Lemonde a récemment publié un billet fascinant détaillant les nouvelles exigences de Coca-Cola: leurs agences de pub devront être rémunérées en partie selon la performance de leurs campagnes. C’est ce qu’on appelle en anglais, pay for performance.

Il existe d’ailleurs toute une industrie de marketeux qui se concentrent sur le pay for performance, le affiliate marketing. En bref, les commerçants offrent de paier une commission aux affiliés lorsque ces derniers envoient au site du commerçant du traffic qui aboutit en ventes ou en inscriptions sur leurs sites. La technologie, le recrutement des affiliés et les paiements sont habituellement gérés par un intermédiaire, le réseau d’affiliés. Pour nos fins, j’appellerais ce marketing, le marketing d’affiliation ou d’affilié.

La plupart d’entre nous avons déjà croisé ce genre de marketing : ce sont ces bannières d’Amazon qui ornent la moitié de la blogosphère. Sont aussi des efforts de marketing d’affiliés ces pubs pour sites de rencontre omniprésents sur Facebook.

Si ce marketing est très bien connu dans le monde anglophone, les programmes dans le genre sont rares au Canada. Vous remarquerez d’ailleurs que ce blogue n’a pas encore une catégorie de marketing d’affiliation. C’est un problème sérieux, qui a des répercussions autant sur la capacité des entreprises Canadiennes à concurrencer les entreprises étrangères que sur le bien-être de notre société.

Du point de vue des entreprises, le marketing d’affiliation est une stratégie à bas risque et à potentiel énorme. Puisqu’une entreprise ne paie que lorsqu’elle obtient une action prédéterminée, elle ne risque pas de paier sans rien obtenir. Connaissez-vous beaucoup de stratégies de pubs ou de marketing qui puissent en dire de même?

C’est ce risque négligeable qui a crée, aux Etats-Unis, un engouement majeur pour cette stratégie. Pour ceux qui connaissent et consultent la liste des plus gros détaillants en ligne, le Internet Retailer 500, 99% des détaillants qui y figurent ont un programme de marketing d’affiliation. A New York, la semaine dernière, j’ai eu le plaisir d être conférencier et participant à la conférence Affiliate Summit East. Il s’est déroulé à guichets fermés avec plus de 2000 participants; les organisateurs ont vendu la totalité des chambres disponibles au Hilton qui acceuillait la conférence.

Par ailleurs, plusieurs des entreprises figurant sur le Inc 500 - la liste des PMEs américaines dont la croissance à été la plus rapide l’an dernier - étaient des réseaux de marketing d’affiliation. Et si tout cela ne suffisait pas à communiquer la taille et le potentiel du marché, Google a acquis l’an dernier le grand réseau d’affiliés Performics, connu maintenant sous le nom de Google Affiliate Network.

Cependant, l’adoption du marketing d’affiliation par les entreprises Canadiennes tarde toujours à venir. Et cela nous en coûte cher. Car le marketing d’affiliés résulte en un plus grand volume de traffic et un plus grand chiffre d’affaires - autant en chiffres absolus qu’en parts de marché. C’est cette dernière tendance qui est inquiétante pour le marché Canadien. Plus les entreprises étrangères offrent des produits et services au Canadiens, plus leurs affiliés achètent et ciblent le traffic Canadien. Et par conséquent, moins il y a de traffic Canadien pour les entreprises Canadiennes.

Bien entendu, les entreprises Canadiennes ciblent aussi les marchés étrangers - je ne prétends pas le contraire. Mais en ignorant le marketing d’affiliation, ils le font de manière moins efficace, moins performante (littéralement!) et en plus petits volumes. Dans mon prochain billet, je discuterais du prix que paie la société pour notre négligence collective en tant que marketeux Canadiens - et comment nous pouvons résoudre le problème. C’est une question de marketing et de droit…

Utilisez-vous le marketing d’affiliation? Y avez vous déjà pensé? Si oui, qu’est-ce qui vous a retenu d’embarquer? Seriez-vous intéréssés à d’autres billets en la matière?

Évaluation :

Sujet : Commerce électronique, Marketing Internet, Modèle économique |

5 réponses à “Quel est l’état du marketing d’affiliation au Québec?”

  1. Yasha Sekhavat
    Le 17 août 2009 à 22 h 20 min

    Merci Gabriel, pour ce très bon billet sur une des stratégies marketing web dont on entend très peu parler dans la blogosphère québécoise.
    As-tu une préférence pour un des réseaux parmi les gros joueurs que sont Commission Junction, Linkshare ou Google Affiliate Network ?

  2. Gabriel Goldenberg
    Le 17 août 2009 à 22 h 49 min

    Merci pour les compliments!

    Ma préférence serait soit CJ ou Linkshare. Je suis affilié sur les deux réseaux en fait. Je ne suis pas trop intéréssé à me joindre au réseau de Google parce que ça revient à donner des secrets à la concurrence. Eg mots clés performants, message seo/ppc, autres sources de traffic etc. Ils ont déjà bien trop de données comme ça!

  3. VJ
    Le 26 août 2009 à 19 h 07 min

    Pour tout les interessés, je vous invite au meetup mensuel du affiliate marketing à Montréal

    Toujours rempli de monde passionnés, à ne pas manquer: http://www.meetup.com/Meetup202-Montreal-Internet-Affiliate-Marketing-Meetup-Group/

  4. Eric Marcouiller
    Le 9 septembre 2009 à 15 h 36 min

    Bonjour Gabriel,
    je supporte vos propos à 100%.
    En tant qu’administrateur de plusieurs sites canadiens ainsi qu’une régie publicitaire franco-canadienne, je remarque que c’est un véritable fléau ce manque de programmes d’affiliation de qualité de la part des commerçants en ligne du Québec et du Canada. Pire encore, le manque de programmes francophones!

    Souvent, seulement en discutant avec des personnes reliées au monde de l’internet, de par leur profession, je constate que le domaine de l’affiliation au Québec est encore très méconnue!

    Parfois, pour réussir à avoir un minimum de programmes sur ma régie, je dois relayer certains programmes d’autres régies ou plateformes d’affiliation. Et je peux vous confirmer que j’ai eu une multitudes de refus à ce niveau! :)
    On me donne toujours comme réponse: “Vos activités entre en conflits avec notre entreprise”. En gros, on m’étiquette automatiquement comme un compétiteur alors que je ne souhaite qu’être partenaire. Et le plus drôle dans tout cela, c’est que dans plusieurs cas, ces entreprises n’ont aucun positionnement favorable au Québec pour les programmes qu’ils présentent!

  5. Thomas Champeval
    Le 16 février 2010 à 10 h 26 min

    Bonjour,

    Mon nom est Thomas Champeval de one4ads.com, une nouvelle centrale d’affiliation au Québec de type CPA/CPL

    À l’heure actuelle, nous sommes en mode privé, c’est à dire que nous acceptons assez peu d’éditeurs, mais nous avons des offres exclusives avec des gros annonceurs canadiens.

    Nous comptons une ouverture plus large d’ici 6 mois.

    Contactez-moi si vous êtes un éditeur québécois, ou si vous êtes un annonceur désirant mettre sur pied un programme d’affiliation

    Thomas

Commentaire

Image CAPTCHA Version Audio
Recharger l'image
  • RSS

  • Archives