Les maquettes Photoshop dans les propositions de site web
Par Marc Poulin, le 30 octobre 2009
Lorsqu’une organisation fait un appel d’offres pour son site web, le soumissionnaire va souvent inclure dans la proposition une maquette couleur qui donnera un avant-goût de ce que sera le nouveau site.
Ceux qui évaluent les propositions, et dont le métier n’est habituellement pas le web, apprécient ces maquettes. Elles présentent quelque chose de concret qu’ils peuvent évaluer. La proposition gagnante sera souvent celle dont le coût est proche du budget prévu et qui aura la plus belle composition graphique.
Pas si vite! Les maquettes sont dangereuses comme le chant des sirènes. De par son existence, une maquette devient ce qui est attendu du client et ce qui doit être livré par le fournisseur. Ceci empêche souvent d’explorer les avenues plus prometteuses. Par exemple, la maquette présente le système de navigation du site. Or l’architecture d’information n’a pas encore été faite.
Que faire de ces maquettes?
Dans l’évaluation des propositions, il faut réaliser que la maquette démontre les habilités graphiques du soumissionnaire. Ce n’est pas ce talent qui rendra votre site web rentable. Il faut analyser les propositions en détail, peut-être à l’aide d’un expert web indépendant, pour évaluer la capacité du soumissionnaire à comprendre vos besoins et concrétiser une solution gagnante.
Une fois que vous avez choisi votre fournisseur, il sera important de s’entendre avec celui-ci pour que la maquette ne soit pas considérée comme une cible de ce qui sera livré mais plutôt comme une première ébauche grossière. Il faudra aussi faire comprendre à votre équipe web que le site qui vous sera livré sera sûrement très différent de cette maquette.
Collaboration spéciale : Marc Poulin est architecte et concepteur de sites web rentables. Il s’intéresse depuis 1996 au développement de sites web qui ajoutent de la valeur à l’organisation. Pour en savoir plus sur lui, consultez son site web à www.tango.qc.ca.
Sujet : Commerce électronique, Ergonomie et utilisabilité, Méthode de travail, Relation agence-client, Stratégie |
10 réponses à “Les maquettes Photoshop dans les propositions de site web”
Commentaire
« À quand le marché de revente des noms de domaine francophone? | Accueil | La rédaction Web et le référencement »
Le 30 octobre 2009 à 12 h 24 min
Alors pas de maquettes Photoshop, proposez à la place des mockups Omnigraffle, ainsi vous pourrez démontrer votre capacité d’analyse et de compréhension bien plus importante que votre capacité à utiliser photoshop.
Jean Philippe
Le 30 octobre 2009 à 13 h 20 min
Les maquettes graphiques dans les propositions sont des couteaux à double tranchants selon moi. Oui, elles permettent d’avoir une idée grossière du projet final et permettent d’évaluer les compétences graphiques du soumissionnaire. Toutefois, je crois qu’il existe beaucoup plus d’inconvéniens que d’avantages à proposer une maquette graphique :
1- Nous n’avons aucune idée des objectifs du projet, de l’image corporative du client, de la ligne directrice à suivre, ni de l’architecture. Cela dit, une maquette pourrait ne pas être à la hauteur des attentes et diminuer les chances d’être sélectionné. Ou pire, démontrer que l’on a rien compris du projet. Cela pourrait aussi soulever des questions et/ou des craintes de la part du client.
2- Présenter une maquette pour ensuite expliquer qu’elle est à titre d’exemple et qu’il ne faut pas en tenir compte… mieux vaut tout simplement pas en faire une!
3- Et si l’on n’est pas sélectionné… nous aurons travaillé pour rien (en tenant compte qu’une soummision est déjà quelques heures de travail).
A mon avis, il n’y a rien de mieux que de présenter des réalisations plutot que de créer une maquette du futur projet.
Qu’en pensez-vous?
Le 30 octobre 2009 à 14 h 25 min
@Jean Philippe: Je ne suis pas certain qu’il soit possible de démontrer beaucoup d’analyse dans une proposition alors que l’on n’a pas encore rencontré le client. Surtout que sa description de ses besoins est souvent très partielle.
@Marie-Andrée: Très bonne analyse du point de vue du soumissionnaire.
Le 30 octobre 2009 à 15 h 26 min
Le temps de faire une (bonne) maquette est énorme, et demander ça à trois fournisseurs en fera nécessairement travailler deux pour rien.
Au final, il y a trois scénarios :
1. Le projet est immense et le coût de production d’une maquette est non significatif.
2. Les agences soumissionnaires ont la perception que vous pouvez payer le gros prix, et dans ce cas-là elle gonfleront leurs coûts pour couvrir non seulement la production de la maquette, mais les deux autres fois où ils ont fait une maquette mais pas gagné le contrat.
3. Les agences soumissionnaires n’ont pas la perception que vous aller payer le gros prix, et donc seules celles qui ont vraiment besoin du mandat soumissionneront. Ce ne sont pas nécessairement les meilleures agences…
Le seul contexte où une maquette graphique me semble être une bonne idée : si l’agence n’a rien de comparable dans son portfolio! C’est le cas par exemple d’une agence qui a toujours fait des projets “flyé” et qui se retrouve à soumissionner pour une firme très conservatrice.
Le 2 novembre 2009 à 11 h 07 min
Tout à fait d’accord avec Marie-Josée. Et non seulement parler des réalisations, mais aussi du comment on y est arrivé: contexte, défi, solution…
Le 2 novembre 2009 à 11 h 30 min
Selon les commentaires plus haut de représentants de 3 firmes qui développent des sites web (Quiboweb, 90degrés et INM), les maquettes ne sont pas souhaitables. Si tel est le cas, pourquoi sont-elles encore utilisées? J’aimerais bien que les firmes qui s’en servent s’expriment.
Petite histoire. Pour la refonte visuelle de son site, une organisation avait demandé à son agence de lui proposer une nouvelle présentation plus moderne. Ils reçurent une belle maquette car l’agence employait des infographistes de qualité. Celle-ci fut acceptée immédiatement du client. Lors des tests de la nouvelle page d’accueil, on s’aperçut qu’il fallait faire défiler l’écran pour voir la barre de navigation…
Le 6 novembre 2009 à 10 h 46 min
En effet, tout à fait d’accord avec tous, l’analyse fonctionnelle ne peut vraiment pas être efficace quand elle est court-circuitée par le graphisme.
Les éléments de l’expérience usager sont des couches successives, à définir en fonction des bases jetées par la couche préalable, et il y a une séquence dans ce processus de conception, comme nous l’explique très bien Jesse James Garrett dans son formidable schéma:
http://www.jjg.net/elements/pdf/elements.pdf.
Le 6 novembre 2009 à 11 h 14 min
Merci pour la référence au document de James Garrett: http://www.jjg.net/elements/pdf/elements.pdf.
Je n’avais jamais vu le concept exprimé de façon ausssi claire et condensée.
Le 9 novembre 2009 à 13 h 41 min
Bonjour,
C’est aussi un débat très présent en France !
Je travaille exclusivement en avant vente et c’est très difficile d’obtenir des compétences variées pour formuler une réponse carrée et concluante à nos prospects et clients….
Depuis quelques mois, nous proposons beaucoup de crayonnés et de schémas pour valoriser nos concepts. L’idée de créer une maquette est délicate… car souvent peu accompagnée d’un brief !
Quels sont les outils que vous utilisez pour les zoning ?
Le 9 novembre 2009 à 16 h 01 min
@Vincent,
La compréhension des besoins, des personnas et de l’architecture d’information doit précéder toute tentative de représentation graphique.
Je comprends la tentation d’offrir du concret au client mais il vaut mieux lui proposer une méthodologie solide.
P.S. Excusez mon français mais je ne comprends pas “zoning”