Droit à l’erreur et obligation à rendre des comptes
Par Alexandre Hnault, le 15 février 2007
Au cours des dernières semaines, j’ai eu à faire une analyse et une recommandation, MBA oblige, pour l’élaboration d’une stratégie de gestion de ressources humaines dans le développement d’une innovation. Cette analyse m’a amené à lire une étude sur les meilleures pratiques pour le développement de nouveaux produits en innovation. Cette étude réalisé par Robert G. Cooper, élabore les meilleures pratiques pour instaurer un climat, une culture, une équipe et une direction favorisant le développement d’innovations (si le coeur vous en dit, vous trouverez un résumé de l’étude à la fin de ce billet).
Une fois cette analyse terminée, j’ai trouvé une importante relation entre les meilleures pratiques en innovation et les meilleures pratiques à adopter dans vos stratégies de marketing et de publicité. L’un des points des plus marquants de l’étude faisait état de l’importance de ne pas punir l’erreur. À cet effet, quel est votre niveau de tolérance à l’erreur dans le cadre de vos stratégies marketing? Quel pourcentage de votre budget publicitaire annuel est vous prêt à investir dans votre apprentissage et les idées innovatrices? Êtes-vous prêt à risquer un pourcentage de votre budget marketing pour être Web 2.0?
Je crois de ce que nous devons tirer de cet étude est de laisser place à l’essai dans nos stratégies marketing. Nous en sommes à une croisée des chemin et le nouveau marketing n’est pas encore très documenté. Il ne faut pas attendre, le temps d’innovation est beaucoup trop court. Je me risquerai donc à vous proposer un petit manifeste en faveur de l’essai responsable pour des fins d’apprentissage en publicité et nouveau marketing:
- Ne jamais punir l’erreur
- Mesurez, analysez et apprenez!
- Si vous n’êtes pas l’expertise ou les outils pour mesurer l’impact et les résultats de vos essais, n’hésitez pas à trouver le spécialiste pouvant vous aider.
- Accordez un pourcentage de votre budget publicitaire à la nouveauté et à l’innovation.
- Vous avez toujours l’obligation de rendre des comptes - soyez responsable.
- Refusez le statu quo
- N’attendez pas les études de cas, les meilleures pratiques ou la recette miracle; elles ne viendront pas, du moins pour le moment.
- Soyez à l’écoute.
- Informez-vous.
- Allez-y; Innovez!
Créez une culture et un climat au sein de l’entreprise afin de supporter votre équipe responsable du marketing à l’essai et à l’innovation. Il est encore temps de vous démarquer de vos compétiteur.
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Meilleures Pratiques
Selon l’étude «American Productivity and Quality Center» de Robert G. Cooper sur la performance et les meilleures pratiques lors du développent de nouveaux produits et d’innovations, la qualité de la culture, du climat, de l’équipe et le rôle de la haute direction est un important facteur de réussite. Lors de ses recherches, Cooper met l’emphase sur des dominateurs communs en termes de pratiques et d’approches qui permettent de séparer les meilleurs éléments des moins bons, parmi les individus impliqués dans le développement de l’innovation. Il distingue trois facteurs sur lesquels mettre l’emphase : 1. La culture et le climat au sein de l’entreprise afin de supporter l’équipe impliquée dans le développement; 2. L’implication et l’engagement de la haute direction dans le projet et; 3. La nature de l’équipe de développement et son organisation.
L’implantation d’un climat favorable au sein d’une organisation impliquée dans le développement d’une innovation est certainement un catalyseur de succès. Toutefois, plusieurs entreprises ne prennent pas le temps et n’investissent pas les ressources nécessaires à cet aspect stratégique. Cooper identifie près d’une douzaine d’activités favorisante cette implantation. Ces activités peuvent elles même être regroupées en 2 catégories spécifiques. Soit le climat général et la promotion d’un climat favorable. Concrètement, ces facteurs ou activités, en ordre décroissant d’impact sur le climat, sont :
1. La promotion d’un climat entrepreneurial
2. La récompenser des champions (product champions and product innovators)
3. La récompenser des équipes de développement
4. La bonne compréhension du processus d’affaire du développement de l’innovation
5. Une communication ouverte
6. La bonne compréhension et la connaissance des risques
7. Ne pas sévir contre l’échec
La seconde catégorie d’activités est davantage orientée vers l’action et est spécifique à la promotion d’un climat favorable à l’innovation.
8. L’accessibilité aux ressources favorisant la créativité
9. Encourager les projets corporatifs clandestins parallèles
10. Encourager les congés et le divertissement
11. Encourager les nouvelles idées
12. Solliciter périodiquement l’équipe pour des idées de nouveaux projets
L’étude de Cooper démontre que le climat et la culture de développement et d’innovation sont régulièrement négligés chez les entreprises concernées. Toutefois, cette négligence est plus importante encore lorsqu’il s’agit de temps alloué aux projets parallèles, aux congés et au divertissement des membres de l’équipe de développement.
En ce qui concerne la haute direction, Cooper spécifie l’importance de cette dernière non seulement par son implication dans le processus, mais qu’elle soit un leader. Il insiste en spécifiant les comportements à adopter afin d’assurer une meilleure pratique.
1. La haute direction doit être source de soutien, d’autorité et de pouvoir décisionnel auprès des membres de l’équipe de développement.
2. Elle doit bien identifier et spécifier ses attentes et ses objectifs annuels.
3. Elle doit bien comprendre le processus de développement de l’innovation.
4. Elle doit s’impliquer dans le design et le processus d’affaire de l’innovation.
5. Elle doit être à l’affût de la mesure de succès du développement.
6. Elle doit être commit à la réussite du développement.
7. Elle doit être habileté et prêt au lancement ou non, de l’innovation
Malgré qu’il ne soit pas clairement établi ou facilement compréhensible, le rôle de l’équipe de la haute direction est stratégique lors du développement de l’innovation. Cette dernière ne doit pas rester passive, mais doit plutôt s’impliquer et conduire l’équipe vers la réussite du projet.
Finalement, l’étude de Cooper souligne l’importance de l’organisation de l’équipe de développement d’innovations. La réussite d’un projet d’innovation est grandement influencée par la gestion de projet. L’étude identifie trois facteurs faisant ressortir les équipes les plus performantes : l’organisation, l’interfonctionalité de l’équipe et sa capacité à rendre des comptes. Il existe plusieurs autres facteurs devant être pris en considération au sein d’une équipe de développement afin d’assurer le succès du développement de l’innovation.
1. L’équipe doit non seulement être en mesure de rendre des comptes sur ces activités, mais elle doit aussi prendre la responsabilité de ses résultats; de ses budgets et de l’atteinte ou non des objectifs…
2. Elle doit être en mesure d’influencer rapidement les décisions extérieures à l’équipe ayant un impact direct sur ses activités (financement).
3. Elle doit se doter d’un excellent système central d’informations accessible par tous les membres de l’équipe.
4. Elle doit être multidisciplinaire afin de favoriser l’efficacité de chacun de ses membres.
5. Elle doit être en mesure d’interagir avec toutes les autres équipes de l’entreprise et de les influencer afin de répondre à ses besoins (marketing, ventes, opérations).
En d’autre termes, afin d’avoir une équipe de développement efficace et efficiente, cette dernière doit non seulement avoir une organisation interne efficace, mais elle doit être en mesure d’influencer les orientations et les opérations stratégiques de l’entreprise afin de tourner à son avantage les pratiques stratégiques de l’entreprise et ainsi mieux répondre à ses besoins.
Dans le développent d’une bonne stratégie RH, il faudra mettre en place une méthode d’évaluation, de diagnostique et un plan d’action qui assurera une pratique exemplaire. L’objectif pour l’entreprise sous évaluation d’établir une politique de meilleure pratique en développement de nouveaux produits et d’innovations au cœur même de sa stratégie d’affaire. Cette pratique, basée sur les observations de l’étude de Cooper, doit être implantée à tous les niveaux de la hiérarchie de l’entreprise afin d’en assurer le succès.
Benchmarking Best NPD Practices, Robert G. Cooper; Scott J Edgett; Elko J Kleinschmidt, Research Technology Management; May/June 2004; 47, 3; ABI/INFORM Global, Pg. 50
Sujet : Contenu, Stratégie, Études |
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