Conférence Infopresse 2.0
Par Etienne Denis, le 21 février 2007
[Avertissement : ceci est un billet "bête et méchant". Ce n'est pas dans mon style, mais une fois n'est pas coutume. Je suis désolé si je froisse certains.]
Ce matin j’ai assisté à la conférence Infopresse sur le Web 2.0. Je vais faire ma petite part de “réaction spontannée du client 2.0″ et publier ici quelques réactions à chaud.
La première : félicitations à Andrea Doyon, de Hue, qui était concret, structuré et pertinent. Pour le reste cependant, mon arrivée dans une salle pratiquement comble a donné le ton : les quelques sièges libres avaient tous un petit papier “réservé”. Avec quelques autres, j’ai donc passé la première présentation debout… pour ensuite me rendre compte qu’il s’agissait de pubs de je ne sais trop quel hôtel. Ça a donné le ton : frustrant et décevant.
La matinée m’a donné une impression générale de confusion (à part, je le répète, l’excellente prestation d’Andrea Doyon). Voici quelques citations, tirées de mémoire.
“Avec le Web 2.0, l’annonceur est en compétition avec le reste du contenu. Il doit donc apprendre à être intéressant.” C’est vrai qu’avec le Web 1.0, un annonceur peut se permettre d’être plate. Sans oublier qu’à la télé, le zapping des pubs moches n’existe pas…
“Les Têtes à claque, c’est du Web 2.0, parce qu’ils ont utilisé une caméra vidéo numérique personnelle.” Aussi bien dire que tout site Web populaire qui n’est pas fait par une grande corporation est du Web 2.0?
“Avec le Web 2.0, le ROI n’est pas quantitatif, mais plutôt qualitatif.” Donc si je comprends bien, vous investissez 10,000$ pour produire un vidéo et le diffuser sur YouTube, et à la question “qu’est-ce que ça rapporte?” vous répondez “eh bien le vidéo est quand même assez drôle”. Ça c’est du ROI! (Pour votre information, oui il est possible de calculer le ROI d’un blogue. La même méthode peut être appliquée à d’autres interventions à la 2.0.)
Je vais terminer par un conseil d’ami à quelqu’un que je ne connais pourtant pas : Dominique, la prochaine fois qu’on t’invite à animer une table ronde, refuse! Tes invités avaient certainement quelque chose d’intéressant à dire, mais encore fallait-il leur poser de bonnes questions.
Au risque de me répéter : je suis désolé si je froisse certains.
Sujet : Web 2.0, «Parce que ça me tente» |
21 réponses à “Conférence Infopresse 2.0”
Commentaire
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Le 21 février 2007 à 21 h 21 min
Question comme ça, de manière tout à fait intéressée, quelle genre d’évènement serait approprié pour discuter web 2.0? Je suis à organiser une série d’évènements (c’est une initiative personnelle)… j’ai commencé à brainstormer avec quelques bonnes têtes, je ne sais pas encore sous quelle forme concrète ces rencontres pourraient avoir lieu, mais il me semble que les conférences et débats locaux dans l’industrie “du web” sont “ripe for innovation” pour utiliser une expression anglaise!
Le 22 février 2007 à 7 h 49 min
La question pour moi n’est pas “quel genre d’événement” mais plutôt “dans quel paradigme on se situe”. Si on croit que le Web 2.0 est une rupture avec le passé, quelque chose dans laquelle les leçons du passé ne s’applique pas, on risque de perdre son temps à réinventer la roue et de se croire novateur avec des évidences du genre “il faut tenir compte du contexte dans lequel l’annonce est publiée”. Pour revenir au genre d’événement : combien de personnes pour tes rencontres?
Le 22 février 2007 à 9 h 14 min
Etienne, mon cher voisin de siège réservé, je suis d’accord avec toi sur plusieurs points, mais voici ce que je pense de cette conférence:
- Bonne introduction du Web 2.0, avec quelques divergences sur la définition réelle du Web participatif
- Ce n’était malheureusement qu’une introduction, rien de très concret. On comprend les enjeux, on a eu quelques conseils sur l’approche 2.0, mais personne n’a osé entrer dans les impacts réels pour les annonceurs, leurs investissements, ce qu’ils doivent changer dans leur comportements, des exemples concrets de bons et mauvais coups
- L’introduction de Fjord n’était à mon avis que pertinente à partir de la 40ième minute, beaucoup de perte de temps inutile. J’aimais beaucoup les propos de Vlad Stesin, il était très orienté sur le plan d’action.
- Andrea Doyon, une personne très intelligente et plus qu’intéressante, que j’ai eu le plaisir de rencontrer il y a plusieurs mois. Son discours était malheureusement trop “geeky”, trop technique, ce qui ne me déplaisait pas, mais il a dû perdre l’attention de plus de la moitié de la salle. Je ne sais trop quoi penser de sa présentation, je n’en retire peu. Rester à l’écoute des bloggeurs et réagir au besoin ?
- La table ronde, quelle perte de temps! Des personnes intelligentes, mais peu de questions pertinentes. Et ce sans entrer dans le manque de dynamisme du modérateur qui semblait être sur le point de s’effondrer sur la table. Un peu de RedBull ne lui aurait pas fait de tord.
Bref, je suis déçu de cette journée. Je n’ai pas voulu rester pour la dernière présentation.
Le 22 février 2007 à 10 h 36 min
Je voulais prendre un instant pour vous remercier pour vos commentaires. Il est très important pour nous en tant que vulgarisateur de recueillir vos réactions pour nous améliorer.
Pour ceux qui le désirent, la présentation est disponible à l’adresse http://infopresse.hueagence.com.
La difficulté lorsqu’on présente sur le sujet web 2.0 dans le contexte des journées Infopresse est que nous aurons avec certitude un public mix. Effectivement 50% du public est encore en mode d’apprendre sur le sujet tandis que 50% du public veut passer à l’action.
Nous avons vu beaucoup de mauvaise utilisation du web 2.0 en 2006 et nous voulions lancer un message à plusieurs marketers qu’avant tout, il est nécessaire de bien écouter et comprendre cette environnement pour souhaiter y débuter des conversions cohérences et pertinentes pour leurs clients et la communauté.
Le 22 février 2007 à 15 h 11 min
Merci Étienne pour ce résumé qui m’a bien fait rigoler et par le fait même de m’avoir fait découvrir Hue. Le PDF de la présentation est très bien fait et j’imagine que bien des yeux de cette salle devaient laissés filtrer un petit je ne sais quoi d’ésotériques.
Si je me fie à mon expérience Andréa c’est probablement 80 à 95% des gens du Québec qui sont en mode d’apprendre !
Le 23 février 2007 à 11 h 36 min
Il y a déjà une initiative concernant le Web 2.0. et c’est le Webcom http://www.webcom-montreal.com/ qui est en sera à sa deuxième édition en mai. La première édition était fréquentée par des gens qui s’intéressent réellement au phénomène du Web 2.0 et qui ne se sentent pas MENACÉS par le phénomène comme c’était le cas à la journée Infopresse.
Cela dit, je crois que ces gens ont raison de se sentir menacés parce que le Web 2.0 marque la fin du marketing “push” à outrance. C’est la fin d’une autre période de grande noirceur, après s’être libéré des discours mensongers de la religion, le peuple se libère des discours mensongers des marketers….
Le 23 février 2007 à 13 h 56 min
“Pour revenir au genre d’événement : combien de personnes pour tes rencontres?”
Je pense que des petits groupes de 20 à 30 sont plus efficaces. Je pense aussi que le focus doit répondre au commentaire de ymanuri “rien de très concret”. De toute manière, c’est là que je suis à l’aise, c’est mon terrain le “comment”.
Donc si il y a des intéressés à des “workshops” sur le comment, je pense qu’il y a quelque chose à faire pour ça… les intéressé(e)s peuvent me faire parvenir un courriel à sylvaincarle@gmail.com je vais poster une invitation plus officielle sur mon blogue, pour un évènement au mois d’avril potentiellement.
Le 23 février 2007 à 14 h 56 min
[...] En lisant les notes de Marie-Chantale Turgeon sur la conférence Web 2.0 d’Infopresse cette semaine, j’ai remarqué ce petit joyaux de formule, le genre de raccourci facile à retenir et rempli de sens : (…) la perte de confiance envers les médias traditionnels et les corporations, les nouveaux besoins, les demandes d’une nouvelle génération (résumé sous les 3V): [...]
Le 23 février 2007 à 17 h 34 min
Je pense que la réaction négative des gens de la com traditionnelle vient du fait qu’ils sentent menacé par le Web 2.0..
Cela dit, je crois que ces gens ont raison de se sentir menacés parce que le Web 2.0 marque la fin du marketing “push” à outrance. C’est la fin d’une autre période de grande noirceur, après les discours mensongers de la religion, out les discours mensongers des marketers….
Le 26 février 2007 à 15 h 50 min
Nul doute que le dossier d’Andrea Doyon était stucturé et intéressant.
Pour le reste, je suis aussi un peu déçue. Je croyais que le contenu serait plus complet, j’emprunterais un mot à Marie-Chantale Turgeon qui est “variété”. J’ai l’impression que nous avons passé la majeure partie du temps à tenter d’élaborer une définition précise du Web 2.0 ou à résumer les nouvelles disponibles en ligne sur les bons et mauvais modèles.
Dommage que l’animation de la table ronde n’est pas été plus dynamique, les gens d’expérience qui y siégeaient auraient pu je crois nous apprendre bien plus. Un peu de préparation aurait peut-être aidé…
Une petite remarque qui se veut constructive, je crois que le titre “Introduction au Web 2.0″ aurait été plus approprié pour cette journée.
Le 26 février 2007 à 21 h 55 min
Ce n’était pas facile de commencer la conférence. C’est vrai que pour plusieurs d’entre nous, le concept du Web participatif n’est rien de nouveau. On a donc fait appel de revenir aux racines au lieu de répéter — et notre point était de créer du contenu intéressant et rejoindre les gens là où ils se trouvent sans essayer de recréer les communautés. Donc, supporter les communautés et les niches existantes (ce qui, en principe, permettrai au web participatif québécois de s’épanouir).
On a exploré plusieurs axes, mais étant donné l’aspect grand public de la conférence, c’était impossible d’aller plus loin. Donc on s’est contenté d’une petite intro avec quelques lignes directrices.
Alain — de notre côté je peux te dire que nous ne nous sentons pas menacés, bien au contraire.
Le 28 février 2007 à 18 h 42 min
Bonjour Étienne,
Merci de ton feeedback, deux points que j’aimerais adresser
1. Dans ton billet, tu écris “Avec le Web 2.0, le ROI n’est pas quantitatif, mais plutôt qualitatif.” , en fait ma réponse à cette question est beaucoup plus nuancée…
- Pour nos clients, le résultat est évalué avec une recherche qualitative avec ceux qui ont été exposés à l’initiative (et un groupe de contrôle). Nous mesurons si l’initiative a eu un impact positif ou négatif sur certains attributs d’une marque.
- Il s’agit en fait d’une recherche marketing en ligne statistiquement valide qui nous permet d’évaluer l’impact de notre travail à long terme sur la marque.
- L’idée, c’est d’aller bien au-delà des mesures traditionnelles, principalement quantitatives, du web 1.0 (pensez au click-though, impressions per user, etc.)
Souvent, une initiative intéressante, mais restreinte en portée, dans l’univers du 2.0, fait accroître la perception d’une marque avec un plus grand delta que des millions d’impressions traditionnelles avec des formats IAB par exemple.
2. Afin d’améliorer nos présentations futures, j’ai une question pour toi (et les autres lecteurs). Que recherchez-vous quand vous allez à une journée comme celle d’infopresse?
Le 1 mars 2007 à 15 h 16 min
En réponse à la question de Christian, les conférences Infopresse s’adressent à des profesionnels du marketing. Je ne m’attends donc pas à une simple introduction sur le sujet (à moins, bien sûr, que le sujet soit “intro au web 2.0″). Et si j’ai “une petite intro avec quelques lignes directrices”, je m’attends à ces lignes directrices dépassent de beaucoup les généralités.
Ce que je veux dire par “généralités”? Si je dis que mon travail de communication doit être “différent, intéressant, percutant, audacieux, pertinent” et qu’il doit “répondre à un besoin sans essayer de plaire à tout le monde” (pages 29 et 38 de votre pdf), de quoi je parle: bandeau traditionnel? pub rich media? blog? email? Web traditionnel? Web 2.0? Ces idées là sont des généralités qui s’appliquent à toutes les communications de type marketing, et ça n’a rien à voir avec le Web 2.0.
Autre question : si cela était enseigné dans un cours de communication, est-ce que ça serait enseigné au cégep? en première année de bac? à la fin du bac? à la maîtrise? Je dirais : cégep. C’est vraiment le b-a-ba de notre travail. On est loin d’un niveau profesionnel.
Christian et Vlad, j’ai été déçu de votre présentation parce que vous êtes capables de faire vraiment beaucoup mieux. Une prochaine fois?
(Et si jamais je suis invité à être conférencier, je sens que je vais me faire blaster… et ça sera de bonne guerre!
Le 5 mars 2007 à 10 h 12 min
Étienne,
Je comprends les points que tu apportes et contrairement à ce que tu peux croire, ni moi ni Vlad ne sommes particulièrement offusqués!
Le problème à la base à mon avis, c’est que c’était la Journée web 2.0. Pas la journée blogue, la journée forums, la journée user-generated content, la journée widget, la journée ou est le 2.0 au Québec, pas le journée uber-fragmentation ou autre.
Deuxième chose c’est que nous avons vu la liste d’inscriptions et avons ajuster nos propos en fonction de celle-ci (peut-être trop d’après tes commentaires). Il y avait des gens de partout qui a priori, étant donné que nous étions les premiers, exigeaient une approche beaucoup plus généraliste.
Mais bon, viens voir la prochaine à Intracom dans moins d’un mois, tu pourras juger si nous pouvons modifier notre approche en fonction du feed-back!
Le 5 mars 2007 à 16 h 06 min
Je me suis laissé dire deux choses ce midi…
D’abord, que mes attentes étaient trop élevées par rapport aux conférences d’Infopresse. Contrairement à ce que je croyais, il semblerait qu’elles ne s’adressent PAS à des professionnels avertis. En d’autres termes, selon mon interlocuteur, la position de Christian (cq) et Vlad correspond plus aux attentes du public cible, et que si j’ai été déçu c’est que je ne fais pas parti de ce public.
Je m’étais inscrit suite au courriel d’annonce d’Infopresse (qui met l’accent sur “comment en tirer parti”)… et je constate que la page web fait pas mal plus “grand public” (”c’est quoi le web 2.0?”):
Le courriel : “Le Web 2.0, qui regroupe entre autres les communautés virtuelles, les blogues et le Wiki, permet une participation active du consommateur. Comment les marques et les entreprises peuvent-elles tirer parti du Web 2.0 (…)”
La page web : “Tout le monde en parle, mais peu de gens savent réellement ce que c’est. Le Web 2.0, contenus Internet générés par et pour les utilisateurs, regroupe entre autres les communautés virtuelles, les blogues et le Wiki. Avec plus de 35 000 nouvelles vidéos par jour et 30 millions de visionnements, YouTube (…)”
Croyez-en la parole d’un pro du contenu: il y a un monde de différence entre ces deux intros.
L’autre chose que je me suis laissé dire ce midi, c’est que de toutes les pages de ce blogue, celle-ci est celle qui a été le plus visitée (à part l’accueil, bien sûr)!
Le 30 mars 2007 à 16 h 03 min
[...] « Conférence Infopresse 2.0 » par Étienne Denis; [...]
Le 2 mai 2007 à 16 h 16 min
[...] En fait, il on dirait que la scène locale est en émergence, avec entre autre les barcamps et autres évènements du genre, les journées Web 2.0 de infopresse et autres conférences (interface[s] à la SAT aussi). Mais il me semble que ça soit plus difficile à Montréal qu’ailleurs de rencontrer les gens de cette industrie… [...]
Le 29 juin 2007 à 12 h 14 min
[...] Mercredi dernier, à la très belle fête des 5 ans de K3 Média (mes félicitations les gars, cinq ans de Web c’est du stock !), une discussion très intéressante s’est articulée autour des récentes conférences Internet d’Infopresse et de la formation dans notre domaine en général à Montréal.Le sympathique et surtout patient Patrick Bellerose, journaliste chez Infopresse, a animé une conversation enlevante avec les amis Michel et Martin ainsi que moi-même. Comment expliquer que le plus grand organisateur de conférences à Montréal n’arrive plus à faire l’unanimité quant à la qualité des contenus ? En effet, si il y a quelques années Infopresse était la référence pour parfaire ses connaissances, leurs plus récentes conférence traitant du Web ont été critiquées au sein des organisations, dans la communauté et certains blogueurs ont osé dire tout haut ce que d’autres disaient tout bas (Étienne, Michel, Michael…).. [...]
Le 18 juillet 2007 à 16 h 00 min
[...] Conférence Infopresse 2.0 [...]
Le 6 septembre 2007 à 22 h 54 min
Je trouve le commentaire sur le ROI assez amusant, merci!
Le 31 décembre 2007 à 12 h 58 min
[...] « Conférence Infopresse 2.0 » par Étienne Denis avec 20 réactions; [...]