La révolution de nos 4P

Julie Lemonde

En 2005, Tim O’Reilly, fondateur et CEO de la firme O’Reilly Media, une maison d’Ă©dition amĂ©ricaine spĂ©cialisĂ©e en informatique, Ă©crivait What is Web 2.0. En plus de marquer la naissance du terme Web 2.0, cet article fut le commencement du dĂ©bat entourant sa dĂ©finition. En effet, l’interprĂ©tation du Web 2.0 varie constamment selon le domaine par lequel on l’aborde, technologique, marketing, publicitaire, etc. En ce qui nous concerne, les marketers, je tâcherai de le dĂ©finir en dĂ©montrant l’impact qu’il exerce sur notre profession et principalement, sur nos 4 P (produit, prix, promotion, distribution).

D’abord, dĂ©mystifions le Web 2.0. Plusieurs professionnels du marketing pensent que le Web 2.0 incarne le mĂ©dia Ă©mergent que l’on appelle l’Internet. En fait, ceci reprĂ©sente seulement une partie de la dĂ©finition de ce terme. Ce qu’il faut comprendre du fondement du Web 2.0 est qu’il repose sur le pouvoir que possède les internautes, nos clients. Ă€ ce sujet, le magazine Time consacrait tous les internautes personnalitĂ© de l’annĂ©e en 2006. Mentionnons que Time dĂ©signe la personnalitĂ© ou le collectif de l’annĂ©e selon le critère suivant : « qui a marquĂ© l’annĂ©e qui s’Ă©coule pour le meilleur ou pour le pire ». Il faut donc dès maintenant que les professionnels du marketing rĂ©flĂ©chissent Ă  l’influence qu’exercera le pouvoir des internautes sur leur mix marketing.


Avant le Web 2.0

Avant l’arrivĂ©e du Web 2.0, nous gravitions dans une logique de relation unidirectionnelle avec nos clients et c’est ainsi que nous dĂ©terminions nos 4 P. Une des raisons expliquant cette relation unidirectionnelle reposait sur le fait que les clients, contrairement Ă  aujourd’hui, ne possĂ©daient pas autant d’information (de pouvoir) pour Ă©clairer et effectuer leurs achats.

L’impact d’Internet

L’Internet fit basculer cette situation et graduellement, les consommateurs se retrouvèrent avec plus de pouvoir pour influencer le mix marketing des entreprises. Rappelons-nous que l’une des premières industries qui fut touchĂ©e par ce phĂ©nomène fut celle de la musique avec l’arrivĂ©e, entre autre, du logiciel de partage Naptser.

Web_evolution_post11.JPG

Le Web 2.0

Dès maintenant, nous devons concevoir les 4 P dans une logique de relation bidirectionnelle avec nos clients. En fait, nous devons nous positionner auprès de ces derniers Ă  titre de partenaire et pour y arriver, nous devons ĂŞtre plus que jamais Ă  l’Ă©coute de leurs besoins. Ă€ titre d’exemple, Dell l’apprit durement Ă  ses dĂ©pens, mais s’ajusta rapidement. Souvenons-nous de l’incident Dell Hell oĂą l’un de leur client Ă©voquait sur son blogue les moments pĂ©nibles que le service Ă  la clientèle de Dell lui faisait subir. Dell n’Ă©couta pas jusqu’au jour oĂą l’un des articles du blogue se nomma Dell Hell et que les mĂ©dias de masse s’emparèrent de son histoire. L’Ă©vĂ©nement ternit Ă©normĂ©ment l’image de l’entreprise. Suite Ă  cet Ă©pisode, Dell crĂ©a la communautĂ© Dell IdeaStorm oĂą elle encourage les internautes Ă  suggĂ©rer leurs idĂ©es afin d’amĂ©liorer leur produit (voir les 4P), Ă  voter pour les meilleures et ensuite, Dell commente une Ă  une les idĂ©es soumises par les internautes.

Mot de la fin

De nos jours, le marketing doit s’efforcer encore plus qu’auparavant Ă  satisfaire les besoins des clients. Nous devons repenser la vision de notre mix marketing de façon Ă  laisser les internautes y participer. Au sein de l’ère du Web 2.0, les consommateurs possèdent maintenant le pouvoir de crĂ©er, de partager, de s’exprimer, d’influencer, etc. Tout un dĂ©fi nous attend !

Aussi disponible –> www.julielemonde.com

3 réponses à “La rĂ©volution de nos 4P”

  1. TCHAHA Serge commente :

    Bonjour,

    Je suis totalement en accord avec l’ensemble de vos propos mais je pense tout de mĂŞme que le consommateur au nom de l’expĂ©rience qu’il avait vĂ©cue dans une entreprise pouvait en ĂŞtre un ambassadeur ou alors un grand pourfendeur.

    Simplement aujourd’hui l’auditoire qu’il est capable de rejoindre est beaucoup plus large grâce au Web.

    Je pense aussi que son niveau d’influence, son degrĂ© d’autoritĂ© par rapport Ă  ses lecteurs est un facteur de modĂ©ration quant Ă  son impact. ĂŠtes vous d’accord ?

    Finalement, j’aimerais savoir quels sont les outils pertinents et concrets que vous suggĂ©rez pour effectuer une veille stratĂ©gique sur la toile.

    Merci encore pour votre billet.

    Serge TCHAHA.

  2. Julie Lemonde commente :

    Bonjour Serge,

    Merci pour votre commentaire fort intéressant.

    Concernant votre question Ă  propos des outils pertinents et concrets pour effectuer une veille stratĂ©gique, pouvez-vous m’indiquer quels sont les sujets auxquels vous vous intĂ©ressez particulièrement.

    Cordialement,

    Julie

  3. Andres Restrepo commente :

    L’avènement et “empowerment” du citoyen numĂ©rique par le Web 2.0 marque un changement comportemental majeur chez les consommateurs
    dont l’impact sera considĂ©rable sur le modèle d’affaires des agences de publicitĂ© qui devront dĂ©sormais considĂ©rer ce nouveau protagoniste non plus comme une finalitĂ© (l’aboutissement d’une communication unidirectionnelle) mais comme un moyen (un point de relais au sein d’une communication rĂ©troactive).

    Le consommateur Web 2.0 évolue au sein du cadre des 4C:

    1 - il est en CONTROL; a soif de participation.
    2 - il est CRÉATIF, a les moyens de créer, de diffuser et de promouvoir du contenu.
    3 - il collabore et participe à des COMMUNAUTÉS, il veut rester connecté à son milieu, son réseau et ses intérêts.
    4 - il est en constante Conversation; avec ses pairs auxquels il accorde énormément de crédibilité.

    Longue vie au Web 2.0!

Laisser un commentaire